jeudi 13 décembre 2012

Sacré mont Blanc • Communiqué de presse




Le communiqué de presse accompagnant la sortie du livre de Marc Lemonnier, Cécile Auréjac et Gilles Mazard, alias Pilo, est disponible en téléchargement sur le site AO à la page consacrée au livre.  En voici des extraits :

Amoureux du mont Blanc…
« Dès ma première ascension, à 18 ans, j’ai aimé le mont Blanc. J’y suis retourné une quinzaine de fois, par tous ses itinéraires faciles et quelques autres moins faciles. Il m’a montré des visages parfois souriants, parfois grimaçants. J’ai cru y mourir, et je m’y suis senti vivre pleinement. Je n’oublierai jamais les aventures que j’y ai vécues. Sacré mont Blanc, tiens ! » MARC LEMONNIER

Une “stratégie de l'escargot”
Le livre s’organise autour de la relation d’une ascension au long cours au départ du Montenvers, 20 km de distance pour s'élever de plus de 3000 m, un choix qui donne à l'aventure une densité et une force hors du commun – surtout quand chacun transporte sur son dos le matériel nécessaire aux bivouacs sous tente, soit près de 25 kg… Une “stratégie de l'escargot” peu commune dans notre monde si pressé !
On ne chôme pas tout au long de ces quelque 240 pages. Marc alterne, avec un sens aigu des associations d'idées, le récit principal et de brefs retours sur ses expériences passées ou futures, réussites ou échecs, erreurs de jeunesse et entreprises mâtures sur ce mont Blanc qu'il a gravi tant de fois.

Une cordée d'auteurs à l'assaut du Toit de l'Europe
En montagne, les alpinistes progressent encordés. C'est ainsi que trois auteurs ont contribué à ce récit d'ascension du mont Blanc : Marc, à l'initiative de l'aventure, a rédigé l'essentiel du texte, Cécile l'a pimenté de ses impressions, vives et souvent drôles, et Gilles, alias Pilo, l'a illustré des dessins réalisés sur place, pendant la course.

Né en 1965, musicien professionnel, Marc Lemonnier vit et travaille dans les Cévennes. Passionné par les “belles rencontres” avec les habitants de notre planète, il entreprend régulièrement des voyages avec sa compagne et ses trois enfants.
De son vrai nom Gilles Mazard, Pilo (1957-2010) était illustrateur et passionné de sports de pleine nature. Il vivait en Lozère à Florac.
Née en 1976, Cécile Auréjac est installée en Auvergne, où elle exerce ses talents d'auteur, sculpteur et céramiste.

vendredi 7 décembre 2012

Sacré mont Blanc ! (bis)

Les lecteurs de ce blog le savent : les éditions AO publient ces jours-ci deux nouveaux livres, dont l'un s'intitule Sacré mont Blanc ! (le point d'exclamation fait partie du titre), et l'autre Six yaourts nature. La livraison de l'imprimeur devait intervenir ce vendredi 7 décembre.

C'était sans compter avec quelques perturbations indépendantes de notre volonté, selon l'expression consacrée !
Les transports lyonnais (les fameux TCL) faisaient grève aujourd'hui, selon une coutume devenue un véritable rite. Quand la Fête des Lumières s'allume… les bus et métros s'éteignent.
La neige – oh, certes, des chutes limitées – s'est mise à tomber en milieu de matinée. En ville, ça prend tout de suite des proportions énormes…
Comme vous vous en doutez, nombre de Lyonnais sont donc partis en voiture travailler. Avec la neige et les grèves, évidemment, les embouteillages ont eu vite fait de congestionner les artères de la ville. Toutes ces difficultés de circulation ont contraint le façonnier de nos deux nouveaux livres à reporter la livraison chez l'imprimeur à lundi…

Sacré mont Blanc ! Il faudra encore patienter. Qu'il soit bloqué par la neige est tout de même un comble. Quand aux Six yaourts nature, eh bien ils doivent rester au frais dans ladite neige…

Mais ce n'est pas tout.
Le mont Blanc sait faire parler de lui.
Dans le dernier numéro de Vertical, par exemple.
Un très bel article sur Patrick Gabarrou y figure pages 30 à 41. Ce grand alpiniste et guide, aujourd'hui sexagénaire, a ouvert de très nombreuses voies (plus de 300 !) dont certaines devenues de grandes classiques de la haute difficulté.
Amoureux du mont Blanc (oui, ça arrive !), il a trouvé le moyen d'y ouvrir 20 itinéraires portant sa signature, dont la plupart sur l'imposant versant italien. L'article vous donne toutes les informations nécessaires, avec moult photos, tracés d'itinéraires, ainsi qu'une interview de celui que l'on surnomme “le Gab”.

Parmi les anecdotes qu'il relate dans l'interview, nous en noterons une, car elle fait écho à des pages de Sacré mont Blanc !. Vous comprendrez pourquoi en le lisant. L'auteur, Marc Lemonnier, évoque en effet le drame du Malabar Princess ainsi qu'une rencontre inattendue sur l'arête de la Tournette.
Patrick Gabarrou ouvrit la voie Mario Marone dans le versant Miage en 1984, avec Carlo Stratta. L'itinéraire se déroule à droite de l'éperon de la Tournette. Durant l'ascension, les deux alpinistes découvrirent un morceau de tissu coincé dans une fissure. Un pantalon. Et dans une poche… le passeport du copilote du Malabar Princess, cet avion qui s'était écrasé sur le mont Blanc en 1950.
Ils fut remis à la police qui l'envoya en Inde.
Sacrée anecdote, n'est-ce pas ?

samedi 1 décembre 2012

Mont Blanc : histoire d'une photo de couverture

C'était le 15 septembre 2012. Il faisait grand beau dans la Vallée.
L'objectif était de prendre un cliché du mont Blanc en vue de la couverture du livre Sacré mont Blanc ! dont je préparais l'édition.
Peu après 7h30, après avoir déposé ma voiture au parking du téléphérique La Flégère-Index, j'entamais la montée après avoir dépassé le (luxueux) terrain de golf. La montée s'effectue à l'ombre, dans un calme et une solitude complets.

Le soleil doit patienter quelques minutes derrière l'arête des Grands Montets de l'aiguille Verte.
Vers 9 heures, au pied du pylône du téléphérique, le soleil se lève, tandis qu'une benne passe au-dessus de ma tête.

Tout au fond, les Grandes Jorasses émergent, tandis que le quatuor Charmoz-Grépon-Blaitière-Plan entame un concerto pour neige fraîche et soleil levant.

Déjà, le mont Blanc s'éclaire. Il est 9h30, je suis à 1700 mètres d'altitude environ, sous la Flégère. Je réessayerai plus haut ce cliché. Le Toit de l'Europe fait encore le modeste, perspective aidant.

Après avoir dépassé la Flégère, je poursuis la montée vers l'Index, essayant de court-circuiter certains virages de la piste de ski par des raccourcis directs.

Côté Mer de Glace, la perspective évolue. Toujours la muraille des Jorasses, qui ferme l'horizon côté italien, tandis que les Drus se rappellent à notre bon souvenir, avec leur “niche” caractéristique en face nord. L'aiguille de la République flanque élégamment les Grands Charmoz.

11 heures. À intervalles réguliers, je dirige l'objectif de l'appareil vers le mont Blanc. Il faudra avoir le choix, de retour à Lyon, pour la couverture du livre. Les contreforts de l'Index masquent encore un peu l'aiguille du Goûter. On s'approche…

Sans zoomer, la petite aiguille du Foué semble vouloir en imposer, face aux neiges éternelles… Une part appréciable du Massif du Mont-Blanc développe ses nombreux sommets, des Aiguilles de Chamonix à Bionnassay.

Une cordée profite de la température estivale, dans l'un des itinéraires de la face est de l'Index. Il est 11h30. Je “bulle” à proximité de la station supérieure de la télécabine, mitraillant le mont Blanc.

À 11h34 très exactement, je prends le cliché P9152690 qui sera finalement retenu pour la couverture de Sacré mont Blanc ! À 2400 mètres d'altitude, avec le recul nécessaire, le mont Blanc acquiert son échelle, tandis que tous ses satellites sont bien visibles : Tacul, Maudit, dôme et aiguille du Goûter. La face nord de l'aiguille du Midi, encore à l'ombre, donne une idée du dénivelé entre le Plan de l'Aiguille ou la Jonction, à la limite de la neige fraîche tombée quelques jours plus tôt, et les 4000. Les zig-zag de la voie Mallory, en forme de S, sous le sommet, sont bien visibles.

Éditeur paresseux ? Sans nul doute. Après être monté tranquillement de quelque 1300 mètres, voici que je descends par… le télésiège de l'Index, tentant de prendre d'autres photos, mais gêné par les câbles (le télésiège “roule à gauche”, du mauvais côté !)

Mieux vaut se tourner de l'autre côté, et rendre hommage à ces superbes montagnes du fond de la Vallée. Mesdames, messieurs, voici, par ordre d'entrée en scène dans le sens de la lecture :
Le Chardonnet (3824 m), l'aiguille d'Argentière (3901 m, eh oui, pas si loin des 4000 !) et ceux qu'on ne présente plus : l'aiguille Verte (4122 m), sa voisine “nommée”… l'aiguille Sans Nom (!) et les Drus (3754 m), sachant qu'ils sont deux, d'où le pluriel, le petit et le grand, qu'on ne peut distinguer ici. Ces sommets sont chers à mon cœur. À l'exception notable des Drus, j'ai eu la chance inouïe de les visiter sous la conduite du guide Gilbert Pareau : l'arête Forbes au Chardonnet (1991), l'aiguille d'Argentière par le couloir en Y (1988) puis l'arête de Flèche Rousse (1994), et la Verte – sacré sommet, cette aiguille Verte ! – par le couloir Couturier (1988). Nostalgie, quand tu nous saisis…