31 décembre 2020

31 décembre : fin d'une année troublée

2020, année agitée ! 2020, année créative… tels sont les qualificatifs qui nous viennent à l'esprit en ce tout dernier jour de 2020.

Une année agitée, car l'irruption du Covid n'a pas manqué de perturber l'activité des éditions AO. Les deux phases de confinement, marquées par la fermeture administrative des librairies ainsi que l'annulation de toutes les manifestations (dédicaces, festivals et salons), ont pesé sur nos scores de ventes, comme l'illustre cette courbe. Deux décrochements en mars-avril et novembre, rattrapés par un surcroît d'activité en mai-juin et décembre.


Certes, 2019 avait été une année exceptionnelle, avec plus de 4000 exemplaires écoulés, une première depuis la création des éditions AO en 2010. Une consolation : 2020 a malgré tout dépassé 2018 en chiffre d'affaires.

La politique d'aide financière mise en place par le gouvernement, abondée par la Métropole cet été, nous a permis de “tenir le coup” malgré la baisse inévitable des recettes (moins 15% en valeur), et de consolider notre trésorerie tout en permettant le versement de revenus au gérant…


Une année créative, car nous avons publié un nombre exceptionnel de nouveautés, dans des domaines diversifiés, en particulier les arts, musique et cinéma :


Les librairies, indépendantes ou grands groupes (Decitre, Auchan…) restent prédominantes dans nos ventes, mais les commandes directes sur le site des éditions AO ont doublé par rapport à 2019, plus en raison des précommandes de nouveautés que du développement des ventes par correspondance induit par les confinements. À noter que nous avons innové en confiant une partie de notre catalogue à un diffuseur du Sud-Ouest (élargi), Cairn, une expérience nouvelle dont les enseignements ne pourront être tirés qu'en 2021. La rubrique “extérieur” correspond à des livres réalisés pour d'autres éditeurs, une activité complémentaire bien utile et très enrichissante (voir Petite Philosophie du Style).

D'ores et déjà, des nouveautés sont annoncées pour le premier trimestre : la huitième enquête d'Abel Séverac, Les Macchabées de Saint-Just, le nouvel opus de Éric Robinne, Dans le monde d'après (anticipation post-apocalyptique) et un roman de Henry Carey, dont nous vous reparlerons.

À très bientôt pour… les vœux, une entreprise ô combien délicate en ces temps troublés !

06 novembre 2020

Frais postaux : laissez-nous vivre !

Coup de poignard dans le dos en pleine crise

La Poste vient d'annoncer une hausse spectaculaire des frais d'envois de livres, dépassant de fait 50% pour un éditeur assurant lui-même une grande partie de la diffusion de ses livres.
 
En cette période difficile pour la filière du livre – et en particulier pour les éditeurs dits “indépendants” – ce coup de poignard dans le dos est, je pèse mes mots, abject ! 
 

Une pétition a été mise en ligne sur Change.org


En fin d'article : Proposition d'action : “Joyeux Noël, la Poste !”

 

Rendez-vous en fin de ce “post” pour une action symbolique. Mais auparavant, expliquons-nous. 


Je connais le syndrome "TLDR" = "Too long, didn't read". Néanmoins, les 5 minutes nécessaires à la lecture de cet article vous seront utiles.

 

Quel est le problème ?

Rien de tel que des explications claires et précises…  Les voici !

Le Diable de Montchat, de Jacques Morize, format 13 x 20,5 cm, 272 pages, 275 g

Rappelons que le livre est un produit relativement lourd au regard de son format : rarement moins de 250 grammes, plutôt 300 à 450 grammes.


Ce livre entre tout juste dans l'enveloppe 500 g largeur 139 mm, car il mesure 130 mm de large 
 

Une “évolution”… terriblement régressive ! 


Vous connaissez la formule : “Nos conditions de vente évoluent”.
Quand on lit cela, il faut s'attendre au pire !
 
Tout est résumé dans cette image (cliquez pour zoomer) :


En 2020, l'envoi d'un livre comme Le Diable de Montchat revenait à 3,49 € HT (en bas à droite) avec l'enveloppe 500 g, tandis qu'un livre plus volumineux (comme La Neige sera rouge à Noël, un excellent suspense soit dit en passant) qui excède les 500 g coûtait 4,24 € HT avec l'enveloppe 1 kg.
 
En 2021, le premier exigera l'achat de la grande enveloppe 500 g, au prix de 5,50 € HT. La hausse de fait est donc de + 58%. Pour le second, il faudra recourir à une pochette souple Colissimo 1 kg, vendue 7,08 € HT, soit une hausse de + 67%
 
Que les enveloppes soient plus grandes n'est pas déterminant. Peu de livres sont au format A4… et pesant moins de 500 g ! 
 
Quant à l'enveloppe XS 250 g à 3,74 € HT, elle n'est pas d'une grande utilité. Compte tenu du poids de l'enveloppe elle-même (environ 40 g), on ne voit pas ce qu'on peut envoyer avec, à part peut-être quelques mouchoirs ?


Livres “moyens”, en résumé !


“Gros” livres, en résumé !
 
NOTE : les autoentrepreneurs qui ne récupèrent pas la TVA sont encore plus pénalisés, il est important d'en être conscient.

Quid de la lettre affranchie avec des timbres “rouges” ?

La lettre prioritaire, dans sa tranche 500 grammes, demande 6 timbres “rouges”, soit 6,96 € (sans TVA récupérable), auxquels il faut ajouter le prix d'une enveloppe matelassée et une étiquette suivie à 0,50 €, soit 7,70 € au minimum.

 

Quand un éditeur autodiffusé envoie un livre à un libraire, quelle sont ses contraintes ?

Voici un exemple pour un livre vendu 20 € (*) prix public.

1. La remise consentie aux libraires est de 30 à 35%, soit de 6 à 7 €.

2. Pas besoin de sortir de Polytechnique pour comprendre qu'il est impossible de facturer le port au libraire. 4 € en moins sur sa remise, voire désormais 6,60 € au tarif 2021… il ne lui resterait rien !

3. Pour l'éditeur, donc, s'il consent ne serait-ce que 30% et prend en charge 4 € de port, il lui reste 10 € (50%)… et seulement 7,40 € (20 - 6 - 6,60) au tarif 2021 – le total de ses frais dépasse 60% ! 

Ironie du sort : la Poste se trouve, ici, mieux rémunérée que le libraire… et deux fois plus que l'imprimeur ! N'oublions pas que sur ces 7,40 €, l'éditeur devra financer environ 1,60 € de droits d'auteur et 3 € de frais d'impression (tirages modestes). Son “reste à vivre” pour se rémunérer descend à 2,80 € par livre. 

 

Et pour les ventes en ligne ?

Dans le cas des ventes en ligne, la marge de l'éditeur est-elle plus importante ?

La réponse est affirmative, pour deux raisons :

  1. Sur un site web comme celui des éditions AO, les commissions versées au prestataire informatique sont de l'ordre de 15% tout compris, ce qui laisse plus de marge de manœuvre. Sur Amazon, en revanche, nous devons acquitter 35% de remise, tandis que le port remboursé est de l'ordre de 2,20 €.
  2. Les acheteurs en ligne sont invités à payer des frais de port. Mais on sait qu'il y a des limites ! Combien, parmi vous, lectrices et lecteurs, acceptent de payer 6,60 € de port pour recevoir un livre à 20 € ? Pas beaucoup, j'en suis convaincu ! Aussi sommes-nous contraints de réduire ces frais de port à 2 ou 3 €, ce qui est déjà beaucoup.

Dans l'exemple du Diable de Montchat, le site des éditions AO vous le propose en ligne avec des frais de port limités à 1,94 € (lettre verte 100 g).


Conclusion: n'assassinez pas les “petits” éditeurs, mesdames et messieurs de la Poste


“I had a dream” : que la Poste conserve une (petite) mission de service public en favorisant la fluidité des échanges sur le territoire. Avec des tarifs “raisonnables”, de l'ordre de 2,50 € pour un livre de moins de 500 grammes, ça resterait jouable, et développerait l'activité du secteur. C'était le rôle des missions de service public : être des accélérateurs de rentabilité, et donc d'activité, pour l'économie. Tout le monde s'y retrouvait.
Mais il est vrai que ce “dream is over”, comme dirait John Lennon…
 
Encart publicitaire éditions AO (Faut c'qui faut !) 
 
Number Nine : hommage à John Lennon, disponible relié (24 €) ou broché (22 €)

Et pendant ce temps, nos Ministres de la Culture et de l'Économie se félicitent d'avoir “offert” les frais postaux aux libraires pendant le confinement, afin qu'ils puissent expédier leurs commandes par correspondance.
 
 
Très bien : merci pour les libraires ! Nous en sommes heureux, car sans librairies, nous ne serions pas grand-chose. En revanche, les Ministres savent-ils ce que trame la Poste “en même temps” ? 

Proposition d'action : “Joyeux Noël, la Poste !”


Voici ce que je vous propose :
Vous achetez une enveloppe XS 250 grammes à 4,49 € (TTC), et expédiez un de vos livres en cadeau à nos amis de la Poste, à l'adresse suivante (officielle) :
Service Clients
99999 La Poste
Si votre livre pèse plus de 250 grammes la surtaxe sera à la charge du destinataire, elle sera donc payée par le Service Clients… à sa propre société.

Joignez-y un courrier à en-tête de votre société et rappelez le lien vers cet article de blog :

« https://ao-editions.blogspot.com/2020/11/frais-postaux-laissez-nous-vivre.html »


Ce sera l'opération “Joyeux Noël, la Poste !” 
 


  Les éditions AO

03 novembre 2020

Confinement, etc.

En ce début novembre, la plus grande confusion règne malheureusement sur les modalités de commercialisation des livres dans notre pays. Sans entrer dans des polémiques, contentons-nous ici de lister les mesures que nous prenons et les propositions que nous vous adressons.

Amazon. Les éditions AO vendent modérément sur cette plate-forme (voir notre article précédent). Nous y sommes présent par l'intermédiaire de CyberScribe, émanation de Dilicom (fichier électronique du livre et infrastructure de commande pour les libraires, Dilicom). Nous avons décidé de placer notre catalogue “en vacances”, même si, soyons honnêtes, cela n'aura pas de conséquences déterminantes sur nos ventes. La même mesure est prise pour notre “passerelle” CyberScribe avec la FNAC.

Librairies. Si elles sont officiellement fermées, elles semblent autorisées à vendre en “click and collect”, autrement dit des commande en ligne (ou par téléphone) suivies de retraits sur place. Voici une liste non limitative de librairies connaissant bien et soutenant les éditions AO, à qui vous pouvez vous adresser. Nous sommes en mesure de les fournir.

Notre site web. Et si vous résidez trop loin de ces librairies, ou pour les précommandes de nos nouveautés, notre site web reste ouvert – nous ne pourrions nous en passer ! – pour servir vos commandes.

  • Librairie du Parc. 94, boulevard des Belges 69006 Lyon, page Facebook
  • Librairie-café Un Petit Noir. 57, montée de la Grande-Côte, 69001 Lyon, site web, page Facebook
  • Lettres à Croquer. 104, cours Émile Zola 69100 Villeurbanne, page Facebook, commandes (et disponibilités) sur le site Chez-mon-libraire.fr.
  • Librairie Fantasio. 33, avenue Henri Barbusse 69100 Villeurbanne, page Facebook, commandes par mail ou au 04 78 84 89 47 possibles
  • Librairie Le Scott. 39, rue de Saint-Cyr 69009 LYON, site web, 04 78 83 77 72. Important stock de la série du commissaire Séverac
  • Librairie Le Bal des Ardents. 7, rue Neuve 69001 LYON, site web, page Facebook, 04 72 98 83 36, contact par mail
  • Librairie Vivement Dimanche. 4, rue du Chariot d'Or 69004 LYON, page Facebook, site web 
  • Librairie La Presse, à Monchat. 75, cours du Docteur Long 69003 LYON, site web, 04 78 53 07 89
  • Librairie Rive-Gauche. 19, rue de Marseille 69007 LYON, page Facebook, sur le site chez-mon-libraire.fr
  • Librairie La Page Suivante. 66, rue Duguesclin 69006 LYON, site web, 04 37 44 09 13
  • Librairie de Laplace. 12, place Ambroise Courtois 69008 LYON, page Facebook, par mail, sur le site chez-mon-libraire.fr
  • Librairie Cultures Papier. 102, route de Paris 69260 CHARBONNIÈRES, site web, 04 78 19 52 90 
  • Nous sommes également référencés auprès du magasin France-Loisirs de la Part-Dieu.

Que celles et ceux que nous aurions oubliés ne nous en veuillent pas, ce billet a été rédigé dans l'urgence, et sera complété dans les heures et les jours qui viennent. Pour trouver une autre librairie proche de chez vous, la liste des 400 librairies avec qui nous avons traité depuis la création des éditions AO figure à cette page de notre site.

Au lectorat de ce blog : vous pouvez toujours interroger votre libraire à propos de l'un des livres du catalogue des éditions AO, en leur précisant que nous sommes référencés sur le “FEL-Dilicom”, c'est le mot de passe qui ouvre le césame !