Le 20 juin 2026, le quotidien Le Monde publiait en dernière page une chronique signée de Michel Guerrin qui n'était guère rassurante, à commencer par son titre : Les librairies sont menacées de disparition.
Premier constat : “Tout le monde lit moins […] aucun genre n'est épargné”. Les ventes de livres ont en effet chuté de 8% en moyenne durant les six premiers mois de l'année – 10 millions de livres vendus en moins… En notant au passage la concentration bien connue des best-sellers. Sur les 10 livres les plus vendus en 2025, 6 ont la même autrice, Freida McFadden (La Femme de ménage et ses déclinaisons) et totalisent 7 millions d'exemplaires écoulés !
“Cela n'a pourtant pas vraiment ému”, déplore le chroniqueur avec raison. Et de citer deux informations majeures pour le secteur, que l'auteur de ces lignes (et donc éditeur) a constaté avec émoi : l'historique groupe Gibert a été placé en redressement judiciaire, ainsi que le groupe récemment créé par fusion, à savoir Decitre/Le Furet du Nord (Nosoli).
Il faut rappeler que le secteur compte 3500 librairies indépendantes, employant 14000 personnes. Il est notable que le prix du livre a relativement peu augmenté alors que les charges ont, elles, crû fortement (salaires, loyers, électricité, transport, coût du papier…). Or, la filière est sur le fil du rasoir en termes de rentabilité (1 à 2%), ce qui explique sa vulnérabilité.
Alors, que faire ? Subventionner le secteur ? “Ce n'est pas vraiment dans l'air du temps”, note avec raison Michel Guerrin. Et pourtant, les centres des villes, déjà mal en point, auraient besoin de vivre, avec la convivialité que cela rend possible – l'achat en ligne est pratique, même si se déplacer dans un relais-colis reste une contrainte, ainsi que les frais de port, et que des rues jalonnées de ce type de commerce ne sont guère attrayantes.
Bref, qui vivra verra… Encore faut-il pour cela “survivre”. En tant qu'éditeur, je ne peux que souscrire aux alertes lancées par le chroniqueur du Monde. Car le destin des éditeurs et des libraires est intrinsèquement lié, quoi qu'on en dise.
PS : Rendez-vous donc de toute urgence dans votre librairie indépendante de proximité pour commander un livre des Éditions AO. Précisez-lui (1) que nous sommes référencés sur Dilicom et Electre (il est aisé de nous passer commande) et (2) que nous ne facturons pas de frais de port aux libraires, ce qui n'est pas le cas de tous les éditeurs qui diffusent eux-mêmes leurs livres.