L'un des marque-pages que nous avions édités pour les fêtes de fin d'année 2013 recourait à un jeu de mots entre “auteur” et “hauteur”. Certes, il n'est pas inédit ! Cependant, il prend un relief particulier aux éditions AO depuis la publication de Sacré mont Blanc ! (un voyage à 4808 mètres d'altitude) ou De Fils en Aiguilles (la parole d'un guide de “haute” montagne). Leurs deux auteurs, Marc Lemonnier et Jean-Claude Charlet savent prendre de la hauteur dans leurs propos sur la montagne et l'alpinisme, chacun dans son style propre.
Mais le slogan vient d'acquérir un sens nouveau depuis que nous avons eu le plaisir de rencontrer Ludovic Moucheront, gardien du refuge des Grands-Mulets – situé, rappelons-le, sur la voie normale “historique” du mont Blanc.
Ludovic a eu une idée bien sympathique : installer dans son refuge une bibliothèque. Et il est parti à la recherche de livres auprès d'éditeurs afin de garnir le meuble spécialement réalisé pour l'occasion, qui montera là-haut en hélico avec son contenu au printemps. Une nouvelle façon pour les livres des éditions AO de prendre de la hauteur : le refuge des Grands-Mulets est en effet installé à 3051 m d'altitude. Ce n'est peut-être pas la plus haute bibliothèque du monde, mais c'est tout de même déjà pas mal !
Nous avons donc remis à Ludovic deux exemplaires de De Fils en Aiguilles, et lui réservons un Sacré mont Blanc (actuellement en cours de réimpression), ce dernier livre comportant plusieurs pages consacrées à la Jonction et au refuge des Grands-Mulets.
Lecteurs de ce blog, si vous disposez de livres traitant de montagne en double, n'hésitez pas, prenez contact avec Ludovic par l'intermédiaire de son site web, il sera heureux d'enrichir son “fond”, pour le bonheur de ceux qui fréquenteront les Grands-Mulets ce printemps et cet été.
16 janvier 2014
05 janvier 2014
Ciel de vie, de Véronique & Sébastien
Sébastien Haton, auteur aux éditions AO de Demain le ciel sera orange, vient de publier avec sa compagne et plasticienne Véronique LaFont un très beau livret en tirage limité (169 exemplaires). Nous avons eu le plaisir de nous procurer le n°27 !
Ce livret agrafé de 24 pages, format A5, illustré et entièrement en couleur, rassemble les textes écrits par Sébastien pour la sculpture textile conçue par Véronique, Ciel de vie. 13 échantillons de tissus reliés à un “ciel” par des fils rouges symbolisant la vie, et correspondant chacun à un âge de l'être humain, de zéro à cent ans.
Sébastien a respecté la thématique de Véronique, exprimée en quatre mots : éclosion, déploiement, maturation et dormance. Chacun de ses textes décrit les caractéristiques d'un âge. Sans déflorer le sujet, nous citerons juste trois formules extraites de “Âge 50” :
Sébastien montre une fois encore qu'il sait “écrire sous contrainte”, comme il le fit d'ailleurs pour les éditions AO avec ses contributions à À mots comptés.
Bravo à Véronique et Sébastien !
Ce livret agrafé de 24 pages, format A5, illustré et entièrement en couleur, rassemble les textes écrits par Sébastien pour la sculpture textile conçue par Véronique, Ciel de vie. 13 échantillons de tissus reliés à un “ciel” par des fils rouges symbolisant la vie, et correspondant chacun à un âge de l'être humain, de zéro à cent ans.
Sébastien a respecté la thématique de Véronique, exprimée en quatre mots : éclosion, déploiement, maturation et dormance. Chacun de ses textes décrit les caractéristiques d'un âge. Sans déflorer le sujet, nous citerons juste trois formules extraites de “Âge 50” :
« Il t'arrive de ne pas savoir dire [ton âge] spontanément quand on te le demande… »Quelle justesse et pertinence pour un auteur qui est loin d'avoir atteint cet âge !
« L'on pense que tu fuis la réalité alors que tu t'ancres dedans »
« Il est trop tard pour devenir adulte, trop tôt pour être vieux »
Sébastien montre une fois encore qu'il sait “écrire sous contrainte”, comme il le fit d'ailleurs pour les éditions AO avec ses contributions à À mots comptés.
Bravo à Véronique et Sébastien !
04 janvier 2014
Morgue pleine, morne réédition
Lors d'un passage dans l'excellente librairie lyonnaise Le Bal des Ardents je suis tombé sur ce roman de Jean-Patrick Manchette. Une bonne surprise : je croyais avoir tout lu de cet auteur de polar exceptionnel, eh bien non ! Morgue pleine (1973) ne figurait pas dans ma bibliothèque…
Manchette met en scène un personnage ô combien classique du polar, le détective privé. Eugène Tarpon est un ex-gendarme. Une bavure involontaire lors d'une manif l'a rayé des effectifs, et il survit dans son misérable appartement-bureau. Une jeune femme, curieusement nommée Memphis Charles, débarque pour demander de l'aide, suite à l'assassinat de sa colocataire.
L'intrigue se complique au fur et à mesure que Tarpon tente de la clarifier. La précision de la langue de Manchette permet de ne jamais être perdu, de garder les repères nécessaires pour suivre avec intérêt la progression de l'enquête. Contrairement aux romans anglo-saxons, les personnages sont toujours bien campés, signalés avec ce qu'il faut de précisions pour qu'on n'hésite jamais sur leur rôle et leur identité. Le titre rend compte du contenu : tant l'auteur que son personnage font preuve d'une “morgue” assumée dans leur façon de relater (ou de vivre) l'histoire, tandis que les cadavres s'accumulent, direction… la Morgue. Bref, du grand art !
Ce volume 89 de la collection Folio Policier déçoit cependant par sa facture. Pour des raisons de budget qu'on comprend aisément – mais que l'on ne peut que déplorer –, le texte n'a pas été saisi pour cette réédition. L'éditeur s'est contenté de scanner les pages de l'ancienne édition, avec malheureusement beaucoup de défauts : contrastes défectueux, caractères à moitié effacés, texte parfois flou.
Page 123 : les virgules ont l'air de points, ce qui gêne le rythme de lecture, des apostrophes manquent, des J ont l'allure de I, la marque Toronado devient Ioronado, le U majuscule est tronqué… bref, c'est le “boxon” comme l'écrit l'auteur !
On retrouve là les défauts de la numérisation en chaîne telle que la pratiquent GoogleBooks ou même la BNF (Gallica) et l'Imprimerie Nationale. Voilà qui ne fait pas honneur au livre !
De surcroît, des coquilles subsistent. Certaines ont de la classe, et étaient probablement volontaires, comme d'orthographier la marque automobile “Mercédès”, d'autres sont purement fortuites, comme au début du chapitre 14, lorsque le mot “échafaudage” revient trois fois dans le premier paragraphe, écrit deux fois avec deux F et une fois avec un seul…
Terminons avec ce choix de Manchette de jouer avec le verbe “hocher” (la tête), qui revient sans cesse dans les romans anglo-saxons, et dont il use à sa façon en le rendant intransitif. “J'ai hoché”, dit souvent Eugène Tarpon. Un bon exemple du style de l'auteur, qui fait d'un détail sa marque de fabrique…
Manchette met en scène un personnage ô combien classique du polar, le détective privé. Eugène Tarpon est un ex-gendarme. Une bavure involontaire lors d'une manif l'a rayé des effectifs, et il survit dans son misérable appartement-bureau. Une jeune femme, curieusement nommée Memphis Charles, débarque pour demander de l'aide, suite à l'assassinat de sa colocataire.
L'intrigue se complique au fur et à mesure que Tarpon tente de la clarifier. La précision de la langue de Manchette permet de ne jamais être perdu, de garder les repères nécessaires pour suivre avec intérêt la progression de l'enquête. Contrairement aux romans anglo-saxons, les personnages sont toujours bien campés, signalés avec ce qu'il faut de précisions pour qu'on n'hésite jamais sur leur rôle et leur identité. Le titre rend compte du contenu : tant l'auteur que son personnage font preuve d'une “morgue” assumée dans leur façon de relater (ou de vivre) l'histoire, tandis que les cadavres s'accumulent, direction… la Morgue. Bref, du grand art !
Ce volume 89 de la collection Folio Policier déçoit cependant par sa facture. Pour des raisons de budget qu'on comprend aisément – mais que l'on ne peut que déplorer –, le texte n'a pas été saisi pour cette réédition. L'éditeur s'est contenté de scanner les pages de l'ancienne édition, avec malheureusement beaucoup de défauts : contrastes défectueux, caractères à moitié effacés, texte parfois flou.
Page 123 : les virgules ont l'air de points, ce qui gêne le rythme de lecture, des apostrophes manquent, des J ont l'allure de I, la marque Toronado devient Ioronado, le U majuscule est tronqué… bref, c'est le “boxon” comme l'écrit l'auteur !
On retrouve là les défauts de la numérisation en chaîne telle que la pratiquent GoogleBooks ou même la BNF (Gallica) et l'Imprimerie Nationale. Voilà qui ne fait pas honneur au livre !
De surcroît, des coquilles subsistent. Certaines ont de la classe, et étaient probablement volontaires, comme d'orthographier la marque automobile “Mercédès”, d'autres sont purement fortuites, comme au début du chapitre 14, lorsque le mot “échafaudage” revient trois fois dans le premier paragraphe, écrit deux fois avec deux F et une fois avec un seul…Terminons avec ce choix de Manchette de jouer avec le verbe “hocher” (la tête), qui revient sans cesse dans les romans anglo-saxons, et dont il use à sa façon en le rendant intransitif. “J'ai hoché”, dit souvent Eugène Tarpon. Un bon exemple du style de l'auteur, qui fait d'un détail sa marque de fabrique…
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