15 décembre 2017

Dix mille livres vendus depuis notre création

10 000 livres vendus ! Oui, dix mille…
Ah, peut-être que cela vous paraîtra modeste, d'autant qu'il s'agit du total depuis la création des éditions AO, courant 2009. Pour un éditeur autodiffusé, c'est pourtant beaucoup !

En voici l'analyse…


N'hésitez pas à zoomer sur l'image !

Le dix-millième livre vendu par les éditions AO aura été Crimes à la Croix-Rousse, de Jacques Morize, acquis par la librairie Vivement Dimanche (Lyon 4e) le 7 décembre dernier. Cette librairie aussi dynamique qu'indépendante a écoulé à elle seule plus de 100 exemplaires de cette enquête du commissaire Séverac.

Le polar domine en effet aux éditions AO,
avec plus de 4500 exemplaires – soit 45% du total.

Les enquêtes du commissaire Séverac, avec près de 1300 exemplaires vendus, sont le fleuron de notre “gamme roman noir”. Cinq enquêtes sont au catalogue.

Parmi nos “valeurs sûres” du polar, relevons notre auteur Daniel Safon, et son humour caustique qui donne toute leur saveur à ses suspenses endiablés. Théo Giacometti, avec Puisque chante la nuit, ou Gaël Dubreuil, avec À qui profite le Kir®?, se classent en tête du top ten du domaine, tandis que la collection Dora-Suarez-leblog-présente, avec ses quatre opus, approche des 600 exemplaires.

La montagne et l'alpinisme constituent le deuxième domaine littéraire, avec plus de 20% des 10000 livres. Pour avoir pratiqué l'alpinisme, nous étions bien placés pour assister les auteurs dans la relation de leurs expériences – réelles ou romancées. Un guide de haute montagne à livre ouvert, sorti tout récemment, est sans doute notre plus beau livre tant dans le fond – l'auteur, Jean-Claude Charlet a une profondeur, une sensibilité et un humour exceptionnels – que dans la forme – les photos qui l'illustrent en font un objet précieux à lire et feuilleter. Dans la même collection, Sacré mont Blanc !, de Marc Lemonnier, vous dit tout – et plus encore – sur le Toit de l'Europe. Enfin, Bernard Mouterde parvient à combiner montagne… et polar dans son enquête policière située dans un petit village de montagne, L'Or du Paradis.

Parmi les autres domaines littéraires – vous le voyez, notre ligne éditoriale ressemble plus à un plan de métro qu'à une droite unique – relevons la collection Une journée particulière, créée au lancement des éditions AO en 2009, dont nous avons écoulé près de 1400 exemplaires.
N'oublions pas le score honorable de Demain le ciel sera orange, le conte futuriste hors pair de Sébastien Haton, ni la collection Rimotises, aussi innovante qu'attrayante, à laquelle nous tenons beaucoup.


Sur ces 10000 exemplaires vendus, plus de 2000 l'ont été sur cette belle année 2017, record battu par conséquent. Merci au lectorat, merci aux libraires… et merci aux auteur(e)s qui nous ont permis de réaliser ce (très) vieux rêve de publier des livres, une aventure passionnante, exigeante et si épanouissante…

02 décembre 2017

La multiplication des plis

Petite anecdote postale…

Le 27 octobre – retenez bien le mois – nous avions envoyé un courrier important, qui contenait une facture d'un montant “non négligeable” pour ne pas en dire plus, dans le but, bien sûr, d'enregistrer un paiement que son destinataire nous assurait immédiat.

Trois semaines plus tard, nous posions la question au destinataire : “Euh… à propos, ma facture est-elle bien arrivée ?” Eh bien non, elle n'était pas arrivée, et ce n'était pas une galéjade.
Grâce au “suivi postal”, nous avions pourtant constaté que le pli avait été distribué le 28 octobre, ce qui signifie que le facteur l'avait enregistré comme tel avec son dispositif électronique.

Réclamation faite, nous avons obtenu une réponse de la Poste indiquant que le courrier avait été bien distribué, le 28 novembre. Oui, “novembre”, soit tout de même un mois de délai pour un acheminement à quelques centaines de kilomètres.



Mais le plus drôle – si l'on peut dire – c'est que la lettre a, en définitive, été distribuée deux fois. Deux fois ! Quelle “performance” ! Voilà une “expérience client” novatrice et inédite ! Comment la Poste a-t-elle pu faire pour, ainsi, accomplir le miracle de la multiplication des plis ?

On le sait ; la Poste ne s'intéresse plus aux courriers, sauf pour en augmenter le tarif, de plus de 6% dans quelques jours pour la lettre prioritaire. Et pour quelles conséquences ? Aller jusqu'à enregistrer une distribution frauduleusement. Bravo, monsieur le facteur ! Le Gabin du Cave se rebiffe a dû s'en retourner dans sa tombe… Consultez ce lien pour revoir cette défense et illustration de la Poste

« Faire confiance aux honnêtes gens est le seul vrai risque des professions aventureuses », conclut Gabin. Ce sera aussi notre conclusion !

24 novembre 2017

Écriture inclusive : allez, les ami-e-s, on se calme !

Écriture inclusive : le débat fait rage… alors ajoutons notre point de vue d'éditeur (et réviseur de texte).

1. En tant qu'éditeur, de taille modeste de surcroît, nous ne nous sentons aucunement le droit de “refaire le monde” – en l'occurrence l'orthographe et la typographie. Notre unique préoccupation est que nos livres soient lisibles, et agréablement si possible. Seul commande l'usage, qui nous conduit à évoluer à son rythme – et non à le précéder (quelle vanité ce serait !). Nous l'avions noté à propos de l'orthographe dite “réformée”. Tomber sur des orthographes discordantes d'un texte à l'autre, d'un livre à l'autre, voire d'une page à l'autre, complique la tâche, crée des “rugosités” préjudiciables à une lecture fluide. Et nous ajouterons le slogan : « Non aux diktats quels qu'ils soient : l'orthographe ne se décrète pas (sauf dans les dictatures) ».

2. Au-delà de la question de fond – le masculin versus le neutre est-il du machisme ? – la graphie à terminaisons décomposées est anti-ergonomique au possible. Le regard bute sur ces traits d'union ou points, quand bien même ils seraient “médians”. On dirait un dialogue de BD dans lequel le personnage bégaye. Pire encore, cette écriture ne peut être lisible à voix haute, diabolique exception qui sépare de fait le langage écrit de l'oral. Quel que soit l'avis qu'on a sur le fond, il est tout bonnement irréaliste de prôner un tel décalage. Que doivent prononcer les présentateurs de radio ou de télévision ? Les “agriculteurstrices manifestaient hier dans la rue” ? Franchement…

3. Autant cette écriture décomposée nous apparaît totalement stupide et malcommode, autant, en revanche, nous estimons que la féminisation progressive, tenant compte de l'usage, est une idée intéressante qui, à un rythme lent mais soutenu, se développe. Tout au plus noterons-nous une timidité consistant à refuser la différence phonétique, cantonnant la féminisation à l'écrit – une auteure – en s'épargnant d'avoir à la prononcer, contrairement à une féminisation plus proche de celle déjà en vigueur : actrice / autrice, maire / mairesse par exemple (« la maire est arrivée », à l'oral, on peut confondre avec « la mère », c'est idiot de créer une telle ambiguïté, sauf à considérer qu'Anne Hidalgo est notre maman – on dit bien “une maîtresse” et non “une maître”).

4. Quant à accorder les adjectifs sur le substantif le plus proche… pourquoi pas ? Là encore, l'usage commandera. Notez cependant une paresse grammaticale, entendue de la part de femmes, y compris les plus féministes, consistant à ne pas accorder le participe passé, dans le registre : « Les décisions que j'ai pris », qui s'applique aussi à « les femmes que j'ai peints sur mes toiles ». Il faudrait savoir !

Ultime paradoxe, qui fait écho à l'hypocrisie de la “com'” : l'adjectif “inclusive” est employé pour désigner une écriture séparatiste et communautariste, aux antipodes de la valeur de fraternité de notre République, de la “neutralité” bienveillante dont nous devrions tous faire montre, la “liberté” de faire n'importe quoi n'étant qu'un dévoiement de cette valeur si complexe à mettre en œuvre.

Plus largement, cette polémique, avec ses accès d'autoritarisme, nous paraît en phase avec une époque désabusée par son impuissance, qui se “venge” en voulant imposer au lieu de convaincre, interdire au lieu d'inciter, le tout dans une ambiance d'ultra-individualisme saucissonné en une myriade de “communautés” antagonistes. On remarque ces dérives dans l'écologie, qui en est friande – punir les méchants qui ne trient pas leurs déchets ou prennent trop de douches, ou vivent dans des maisons mal isolées, tout autant que la santé – on songe aux diktats des ministres de la Santé depuis une décennie, signant à tour de bras des “ordonnances” dignes des pires régimes soviétiques.

ADDENDUM

Deux extraits d'une interview d'Alain Rey, publiée sur le site du Figaro.


Nous insistons sur cette constatation qu'une écriture inclusive ne peut pas se parler. Que serait une “langue qui ne peut pas se parler” ?


Nous  confirmons qu'une réflexion sur l'accord de proximité est tout à fait justifiable. Attention cependant à l'appliquer là où il est pertinent : “Les hommes et les femmes sont belles”, pourquoi pas, il est bien question de mâles et de femelles. En revanche : “Les fauteuils et les chaises sont vertes” n'a pas vraiment de pertinence, une “chaise” n'étant pas d'un genre femelle, d'où  le “masculin” employé comme neutre. Sacrées questions !