jeudi 13 décembre 2012

Sacré mont Blanc • Communiqué de presse




Le communiqué de presse accompagnant la sortie du livre de Marc Lemonnier, Cécile Auréjac et Gilles Mazard, alias Pilo, est disponible en téléchargement sur le site AO à la page consacrée au livre.  En voici des extraits :

Amoureux du mont Blanc…
« Dès ma première ascension, à 18 ans, j’ai aimé le mont Blanc. J’y suis retourné une quinzaine de fois, par tous ses itinéraires faciles et quelques autres moins faciles. Il m’a montré des visages parfois souriants, parfois grimaçants. J’ai cru y mourir, et je m’y suis senti vivre pleinement. Je n’oublierai jamais les aventures que j’y ai vécues. Sacré mont Blanc, tiens ! » MARC LEMONNIER

Une “stratégie de l'escargot”
Le livre s’organise autour de la relation d’une ascension au long cours au départ du Montenvers, 20 km de distance pour s'élever de plus de 3000 m, un choix qui donne à l'aventure une densité et une force hors du commun – surtout quand chacun transporte sur son dos le matériel nécessaire aux bivouacs sous tente, soit près de 25 kg… Une “stratégie de l'escargot” peu commune dans notre monde si pressé !
On ne chôme pas tout au long de ces quelque 240 pages. Marc alterne, avec un sens aigu des associations d'idées, le récit principal et de brefs retours sur ses expériences passées ou futures, réussites ou échecs, erreurs de jeunesse et entreprises mâtures sur ce mont Blanc qu'il a gravi tant de fois.

Une cordée d'auteurs à l'assaut du Toit de l'Europe
En montagne, les alpinistes progressent encordés. C'est ainsi que trois auteurs ont contribué à ce récit d'ascension du mont Blanc : Marc, à l'initiative de l'aventure, a rédigé l'essentiel du texte, Cécile l'a pimenté de ses impressions, vives et souvent drôles, et Gilles, alias Pilo, l'a illustré des dessins réalisés sur place, pendant la course.

Né en 1965, musicien professionnel, Marc Lemonnier vit et travaille dans les Cévennes. Passionné par les “belles rencontres” avec les habitants de notre planète, il entreprend régulièrement des voyages avec sa compagne et ses trois enfants.
De son vrai nom Gilles Mazard, Pilo (1957-2010) était illustrateur et passionné de sports de pleine nature. Il vivait en Lozère à Florac.
Née en 1976, Cécile Auréjac est installée en Auvergne, où elle exerce ses talents d'auteur, sculpteur et céramiste.

vendredi 7 décembre 2012

Sacré mont Blanc ! (bis)

Les lecteurs de ce blog le savent : les éditions AO publient ces jours-ci deux nouveaux livres, dont l'un s'intitule Sacré mont Blanc ! (le point d'exclamation fait partie du titre), et l'autre Six yaourts nature. La livraison de l'imprimeur devait intervenir ce vendredi 7 décembre.

C'était sans compter avec quelques perturbations indépendantes de notre volonté, selon l'expression consacrée !
Les transports lyonnais (les fameux TCL) faisaient grève aujourd'hui, selon une coutume devenue un véritable rite. Quand la Fête des Lumières s'allume… les bus et métros s'éteignent.
La neige – oh, certes, des chutes limitées – s'est mise à tomber en milieu de matinée. En ville, ça prend tout de suite des proportions énormes…
Comme vous vous en doutez, nombre de Lyonnais sont donc partis en voiture travailler. Avec la neige et les grèves, évidemment, les embouteillages ont eu vite fait de congestionner les artères de la ville. Toutes ces difficultés de circulation ont contraint le façonnier de nos deux nouveaux livres à reporter la livraison chez l'imprimeur à lundi…

Sacré mont Blanc ! Il faudra encore patienter. Qu'il soit bloqué par la neige est tout de même un comble. Quand aux Six yaourts nature, eh bien ils doivent rester au frais dans ladite neige…

Mais ce n'est pas tout.
Le mont Blanc sait faire parler de lui.
Dans le dernier numéro de Vertical, par exemple.
Un très bel article sur Patrick Gabarrou y figure pages 30 à 41. Ce grand alpiniste et guide, aujourd'hui sexagénaire, a ouvert de très nombreuses voies (plus de 300 !) dont certaines devenues de grandes classiques de la haute difficulté.
Amoureux du mont Blanc (oui, ça arrive !), il a trouvé le moyen d'y ouvrir 20 itinéraires portant sa signature, dont la plupart sur l'imposant versant italien. L'article vous donne toutes les informations nécessaires, avec moult photos, tracés d'itinéraires, ainsi qu'une interview de celui que l'on surnomme “le Gab”.

Parmi les anecdotes qu'il relate dans l'interview, nous en noterons une, car elle fait écho à des pages de Sacré mont Blanc !. Vous comprendrez pourquoi en le lisant. L'auteur, Marc Lemonnier, évoque en effet le drame du Malabar Princess ainsi qu'une rencontre inattendue sur l'arête de la Tournette.
Patrick Gabarrou ouvrit la voie Mario Marone dans le versant Miage en 1984, avec Carlo Stratta. L'itinéraire se déroule à droite de l'éperon de la Tournette. Durant l'ascension, les deux alpinistes découvrirent un morceau de tissu coincé dans une fissure. Un pantalon. Et dans une poche… le passeport du copilote du Malabar Princess, cet avion qui s'était écrasé sur le mont Blanc en 1950.
Ils fut remis à la police qui l'envoya en Inde.
Sacrée anecdote, n'est-ce pas ?

samedi 1 décembre 2012

Mont Blanc : histoire d'une photo de couverture

C'était le 15 septembre 2012. Il faisait grand beau dans la Vallée.
L'objectif était de prendre un cliché du mont Blanc en vue de la couverture du livre Sacré mont Blanc ! dont je préparais l'édition.
Peu après 7h30, après avoir déposé ma voiture au parking du téléphérique La Flégère-Index, j'entamais la montée après avoir dépassé le (luxueux) terrain de golf. La montée s'effectue à l'ombre, dans un calme et une solitude complets.

Le soleil doit patienter quelques minutes derrière l'arête des Grands Montets de l'aiguille Verte.
Vers 9 heures, au pied du pylône du téléphérique, le soleil se lève, tandis qu'une benne passe au-dessus de ma tête.

Tout au fond, les Grandes Jorasses émergent, tandis que le quatuor Charmoz-Grépon-Blaitière-Plan entame un concerto pour neige fraîche et soleil levant.

Déjà, le mont Blanc s'éclaire. Il est 9h30, je suis à 1700 mètres d'altitude environ, sous la Flégère. Je réessayerai plus haut ce cliché. Le Toit de l'Europe fait encore le modeste, perspective aidant.

Après avoir dépassé la Flégère, je poursuis la montée vers l'Index, essayant de court-circuiter certains virages de la piste de ski par des raccourcis directs.

Côté Mer de Glace, la perspective évolue. Toujours la muraille des Jorasses, qui ferme l'horizon côté italien, tandis que les Drus se rappellent à notre bon souvenir, avec leur “niche” caractéristique en face nord. L'aiguille de la République flanque élégamment les Grands Charmoz.

11 heures. À intervalles réguliers, je dirige l'objectif de l'appareil vers le mont Blanc. Il faudra avoir le choix, de retour à Lyon, pour la couverture du livre. Les contreforts de l'Index masquent encore un peu l'aiguille du Goûter. On s'approche…

Sans zoomer, la petite aiguille du Foué semble vouloir en imposer, face aux neiges éternelles… Une part appréciable du Massif du Mont-Blanc développe ses nombreux sommets, des Aiguilles de Chamonix à Bionnassay.

Une cordée profite de la température estivale, dans l'un des itinéraires de la face est de l'Index. Il est 11h30. Je “bulle” à proximité de la station supérieure de la télécabine, mitraillant le mont Blanc.

À 11h34 très exactement, je prends le cliché P9152690 qui sera finalement retenu pour la couverture de Sacré mont Blanc ! À 2400 mètres d'altitude, avec le recul nécessaire, le mont Blanc acquiert son échelle, tandis que tous ses satellites sont bien visibles : Tacul, Maudit, dôme et aiguille du Goûter. La face nord de l'aiguille du Midi, encore à l'ombre, donne une idée du dénivelé entre le Plan de l'Aiguille ou la Jonction, à la limite de la neige fraîche tombée quelques jours plus tôt, et les 4000. Les zig-zag de la voie Mallory, en forme de S, sous le sommet, sont bien visibles.

Éditeur paresseux ? Sans nul doute. Après être monté tranquillement de quelque 1300 mètres, voici que je descends par… le télésiège de l'Index, tentant de prendre d'autres photos, mais gêné par les câbles (le télésiège “roule à gauche”, du mauvais côté !)

Mieux vaut se tourner de l'autre côté, et rendre hommage à ces superbes montagnes du fond de la Vallée. Mesdames, messieurs, voici, par ordre d'entrée en scène dans le sens de la lecture :
Le Chardonnet (3824 m), l'aiguille d'Argentière (3901 m, eh oui, pas si loin des 4000 !) et ceux qu'on ne présente plus : l'aiguille Verte (4122 m), sa voisine “nommée”… l'aiguille Sans Nom (!) et les Drus (3754 m), sachant qu'ils sont deux, d'où le pluriel, le petit et le grand, qu'on ne peut distinguer ici. Ces sommets sont chers à mon cœur. À l'exception notable des Drus, j'ai eu la chance inouïe de les visiter sous la conduite du guide Gilbert Pareau : l'arête Forbes au Chardonnet (1991), l'aiguille d'Argentière par le couloir en Y (1988) puis l'arête de Flèche Rousse (1994), et la Verte – sacré sommet, cette aiguille Verte ! – par le couloir Couturier (1988). Nostalgie, quand tu nous saisis…

mercredi 28 novembre 2012

Partition d'escalade

Nous avions évoqué dans ces colonnes la publication de nouveaux topos d'escalade. Parmi ceux-ci, l'ouvrage de Lamberto Camurri et Giovanni Bassanini, Mont Blanc Supercracks, sous-titré “les fissures les plus spectaculaires du Mont-Blanc”.

Quoique abondamment illustré, ce livre ressemble par bien des aspects à la “partition” d'une musique qui serait l'escalade. Les tracés d'itinéraires indiquent en effet la difficulté, la nature des passages à gravir, ainsi que le matériel d'assurage en place ou à placer. Parmi les voies récentes de très haute difficulté figure Ave Caesar au petit clocher du Portalet. Sur 250 m, cette voie, ouverte en 2000 par Berthod et Mikolajak, comporte trois longueurs de niveau 7b+/7c, et deux en 6b et 6c. Le niveau 7 s'approche du summum de ce qui se gravit en montagne, les passages cotés 8 restant rarissimes.

Un tout autre “livre” qui va paraître nous a fait penser à ces topos. Le chanteur et compositeur anglais Beck vient de décider de sortir son dernier opus non sous la forme d'un enregistrement sonore mais… d'un album de partitions ! Une initiative audacieuse et amusante.


Ceci nous ramène aux partitions d'escalade.

De même qu'entendre un grand interprète exécuter une partition est un plaisir pour l'amateur, voir de jeunes grimpeurs escalader la voie Ave Caesar est un privilège inouï. Sur TV Moutain, comme si nous étions dans la face nord du petit clocher du Portalet, nous pouvons suivre Martina Cufa Portard et Nicolas Potard dans chaque longueur de cet itinéraire extrême. C'est très bien filmé, on s'y croirait ! Un petit “vol” de l'un des grimpeurs donne de surcroît une soudaine conscience de l'inclinaison du rocher, parfois difficile à rendre en vidéo (tout comme en photo d'ailleurs). Une dizaine de minutes dont on sort épuisés, les doigts endoloris par les coincements dans les fissures !


Lien vers cette vidéo : http://www.tvmountain.com/video/alpinisme/9225-1-petit-clocher-du-portalet-ave-caesar-mont-blanc-massif.html

jeudi 22 novembre 2012

La vérité sur la Vérité sur l'affaire Harry Quebert

La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, ce roman de Joël Dicker qui vient d'obtenir le Grand Prix du roman de l'Académie française et le Goncourt des lycéens, figure parmi les grands succès de cette fin d'année.

Je dois avouer que l'obtention de prix par un livre m'incite plutôt à la prudence. Non que je conteste leur valeur, plutôt que je constate souvent qu'ils sont difficiles à lire, d'une ambition volontiers élitiste, ou bien provocateurs. J'ai donc demandé à mon libraire si le roman du jeune Genevois se lisait facilement, s'il soutenait l'attention. Il m'a assuré que oui. Je n'avais pas compris de quoi il s'agissait ! La Vérité sur l'affaire Harry Quebert n'est en effet rien d'autre qu'un suspense conçu pour soutenir l'intérêt du lecteur, page après page. Et c'est déjà beaucoup !

Joël Dicker imite à la perfection le thriller américain (ci-contre une des photos de son site officiel, prise par Jeremy Spierer). À mes yeux, c'est certes une qualité pour leur sens du scénario, mais aussi un défaut quant au style, d'une platitude revendiquée : efficacité avant tout. Dans ce roman, cependant, l'auteur fait mieux que les Anglo-Saxons. Suffisamment de descriptions pour que l'on sache dans quel décor, quelle ambiance, quelle société l'intrigue se déploie. Suffisamment de notations sur les personnages pour que l'on sache bien à qui l'on a affaire. Contrairement à nombre de thrillers américains, je n'ai jamais douté de “qui était qui”, même les noms sont clairs, on ne s'y perd pas… et pourtant ! L'intrigue est complexe, subtile, le dénouement magistralement imaginé. Encore une fois, à la différence de beaucoup de ces suspenses américains, chaque élément “imprime” notre mémoire au cours de la lecture pour qu'on soit en mesure d'apprécier les rebondissements, et même qu'on ait le temps de se poser moult questions – que l'auteur suscite avec adresse dans nos esprits, avant d'y répondre pile au bon moment.

Mine de rien, le roman brosse au passage le portrait d'une Amérique à la fois pudibonde et violente, dans laquelle on condamne avant de juger, on s'arrange avec la vérité pour protéger son petit pré carré, sans scrupules et avec la bénédiction d'une religion dévoyée. On retrouve là la démarche d'un Douglas Kennedy (avant qu'il ne se banalise sous la pression de la notoriété). Les rapports délicats entre le succès et le talent, entre l'argent et l'authenticité sont également abordés avec une lucidité parfois cruelle. Le personnage de l'éditeur, agressivement obsédé par la rentabilité et les manipulations médiatiques, donne lieu à de véritables morceaux d'anthologie !

Il en résulte un plaisir de lecture exceptionnel. J'ai lu ce long livre de presque 700 pages, qui plus est d'un format assez généreux, en une semaine. La succession adroite des chapitres ménage autant de prétextes à des pauses, pour ne pas gâcher son plaisir et garder d'autres heures de lectures pour les jours à venir.

Joël Dicker n'a pas hésité à prendre des risques. Outre de prendre son temps, ce qui, de nos jours, est plutôt considéré comme un grave défaut, il introduit une “mise en abyme” qui aurait pu sentir le procédé à plein nez. Il n'en est rien. Le personnage principal, Marcus Goldman, vient de publier un best-seller et ne parvient pas à entreprendre l'écriture de son deuxième livre, que son éditeur lui réclame en le menaçant des foudres de la justice. Aussi rend-il visite à son mentor, un professeur de littérature à la retraite auprès duquel il a tout appris, Harry Quebert. Et voici que cet homme est soudain accusé d'un crime commis trente-trois années auparavant. Le jeune Marcus va tout faire pour élucider l'énigme et innocenter son ami. Et il va avoir du travail ! Très vite, il comprend que cette enquête est un sujet en or pour son nouveau livre, et il va donc l'entreprendre tandis qu'il mène ses investigations, aidé par un policier grognon et sympathique. Ce “livre dans le livre” aurait pu sembler lassant, encore une fois, il n'en est rien. Surtout que le fantôme d'un autre livre rôde dans tout le récit : Harry Quebert doit en effet sa notoriété à un roman qui l'a rendu célèbre à l'époque des faits, en 1975. On l'aura compris : les livres sont aussi des personnages de ce livre !

La vérité sur cette Vérité de l'affaire Harry Quebert, c'est qu'il s'agit d'un roman épatant, stimulant, extrêmement bien construit, à l'intrigue gigogne mais jamais alambiquée. Tout est limpide, logique, et l'auteur nous promène avec talent d'une hypothèse à l'autre. On marche, mieux, on court de page en page. Bravo !

JLT - éditions AO

jeudi 8 novembre 2012

Demain le ciel sera orange, édition d'artiste

Demain le ciel sera orange, conte futuriste signé de Sébastien Haton et publié par les éditions AO il y a tout juste un an, fait l'objet d'une édition très spéciale, une “édition d'artiste”.

Véronique LaFont, peintre et sculptrice textile, a travaillé à partir d'un jeu original des pages intérieures du livre, qu'elle a reliées façon japonaise, enveloppées d'une couverture molletonnée en lin ancien, et emballées dans un étui de tissu. Chacun des quatre exemplaires réalisés est en outre agrémenté d'une peinture originale placée en toute première page.

Les éditions AO sont très heureuses de vous présenter cette alliance du livre, du texte, de l'artisanat et de l'art, et félicitent Véronique et Sébastien pour leur créativité. Cet objet est un vrai bonheur, et matérialise la formule préférée que Sébastien emploie volontiers sur son blog pour signer ses billets : “Soyez heureux !”

Pour mieux apprécier ce superbe travail, ces quelques photos.

 Préparation des couvertures et des peintures inédites.

L'étui en tissu d'ameublement vintage, fermé par un ruban de satin.

On découvre le livre en dénouant le ruban.

L'objet dans toute son élégance.

Avec une reliure japonaise, qui a nécessité une grande adresse : 380 pages tout de même !

En toute première page, la peinture inédite.

Page de titre spéciale.

Chaque exemplaire est numéroté et signé.

La “troisième de couverture”, à droite.

Exemple de peinture inédite.

Chaque exemplaire est en vente au prix de 100 euros. Un bon de commande figure sur le site des éditions AO à la page consacrée à cette édition spéciale.

vendredi 2 novembre 2012

Retour de la TVA à 5,5% sur le livre

C'est donc confirmé : à partir du 1er janvier 2013, la TVA sur le livre reviendra au taux de 5,5%, comme avant le 1er avril 2012.

La question qui vient immédiatement à l'esprit est la suivante : les prix TTC vont-ils diminuer à due proportion, tout comme la plupart d'entre eux avaient été augmentés au printemps dernier ?
Aux éditions AO, nous avions renoncé à augmenter nos prix de vente TTC, prenant la différence à notre charge. Aussi ne baisserons-nous pas nos prix début 2013.

Une autre question se pose désormais. Pour 2012, la loi de finances avait accordé au livre numérique le passage au taux réduit, soit 5,5%, puis 7%. Or, la Commission européenne estime qu'il s'agit d'une distorsion de concurrence, et épingle à ce propos la France et le Luxembourg. Le débat n'est guère évident à trancher ! Rappelons au passage que les livres contenant un support numérique complémentaire (comme un CD ou un DVD) doivent facturer une TVA à taux normal sur la part afférente à ce support, mais que les “livres audio” bénéficient, eux, du taux réduit depuis 2009.

Les institutions européennes font de la concurrence leur cheval de bataille, on le sait ! Leur analyse reste cependant partielle, puisque le “dumping fiscal” de pays comme l'Irlande ou le Luxembourg – sur d'autres impôts que la TVA – n'est lui jamais pris en compte. Quant aux taux de TVA, ils ne sont pas les mêmes dans tous les pays européens, indépendamment des questions de catégories de taux (réduit, intermédiaire et normal).

Pas simple, tout cela !

Addendum du 9 novembre
Et ce n'est pas fini : les récentes décisions du gouvernement prévoient d'importantes modifications des taux de TVA. Le livre l'a échappé belle, semble-t-il : étant rangé dans la catégorie du taux réduit (5,5%), il devrait bénéficier de la réduction de ce taux au 1er janvier 2014, à 5%. Le taux intermédiaire, lui, passerait de 7 à 10%, tandis que le taux normal serait “arrondi” à 20%.

Petite plaisanterie au passage : nous traînions depuis l'époque de Raymond Barre cette décimale “virgule 6” dont je m'étais toujours demandé la raison (aucun pays européen, à ma connaissance, n'avait de taux ainsi “brisé”). En 2014, par conséquent, les calculs vont être considérablement simplifiés, avec une cascade de taux “ronds” : 5, 10 et 20%. Quelle économie en temps de calcul-machine, n'est-ce pas ?

lundi 29 octobre 2012

Le tome 2 des Aiguilles Rouges est arrivé

Chaque parution d'un “topo Piola” rend fébriles les amateurs d'escalade. Ils savent en effet que le nouveau volume va leur révéler une avalanche d'itinéraires inédits, dont un grand nombre sont estampillés du “label Piola”. Car Michel Piola doit faire face à un phénomène “boule de neige” (ou plutôt “boule de roc”). Il ouvre tellement de voies que son travail de rédacteur de topo ne cesse de croître au fur et à mesure qu'il avance. Une tâche sans fin !

Quatre années de patience
C'est la raison pour laquelle quatre années séparent le tome 2 des Aiguilles Rouges du tome 1, paru en juin 2008. Mais cette année, il a fallu attendre l'automne pour se procurer Les Aiguilles Rouges 2, l'Eau noire. Est-ce parce que ce secteur reste accessible tard dans l'année ? Pas vraiment. En réalité, l'auteur voulait certainement achever quelques-uns des itinéraires majeurs de sa composition avant d'imprimer le livre. C'est le cas par exemple du Golden Pillar à la pointe de la Veudale (achevé le 12 juillet dernier), ou des Diamants de sang au mont Oreb, daté du 26 juillet 2012, qui a dû être l'urgence de bouclage avant envoi chez l'imprimeur !

Une première de… sommet ?
Le topo décrit des secteurs en grande partie inédits. L'aiguille de Mesure, par exemple, figurait parmi les zones quasi oubliées des Aiguilles Rouges. On apprend que, depuis une dizaine d'années, c'est devenu un endroit riche en itinéraires nouveaux. Si, aujourd'hui, on inaugure toujours de nombreuses “premières lignes” d'ascension, il est beaucoup plus rare d'enregistrer des premières… de sommets. Eh bien, il semble que ce soit le cas d'une pointe voisine de l'aiguille Morris, qui pourrait bien n'avoir jamais été gravie avant que l'auteur n'y parvienne (en solo) en avril 2007 – et la baptise pointe Icare.

Les sommets qui dominent les alpages de la Loriaz, bien peu parcourus en dépit d'une très ancienne voie Charlet-Devouassoux de… 1926 (!), comptent désormais des lignes de grande envolée pouvant atteindre les 600 mètres, une hauteur inédite dans les Aiguilles Rouges.

La description laconique de l'arête est de la Corne de Loriaz dans l'édition 1946 du Guide Vallot des Aiguilles Rouges. L'itinéraire avait été ouvert il y aura 86 ans dans quelques jours (1er novembre).

Mont Oreb : un géant sort de l'ombre
Le nom même du mont Oreb était inconnu de l'auteur de ce blog. Ce voisin du Buet est aujourd'hui constellé d'itinéraires présentant la particularité d'avoir exigé un colossal travail de nettoyage. Michel Piola précise d'ailleurs avoir passé une cinquantaine de jours à rendre praticables quatre nouvelles lignes, dont l'une bat tous les records de dénivelé : 800 mètres ! (Les Chercheurs d'or, ouverte de l'été 2010 à septembre 2011). Un travail titanesque !

Parmi les secteurs déjà connus grâce à d'autres topos, on consultera avec intérêt les pages consacrées aux deux grandes faces des Perrons : le Grand Perron et la pointe Vouilloz, où se développent des voies de plus de 300 m, devenues nombreuses et souvent de haute difficulté. Certaines ont été ouvertes par Jon de Montjoye, le spécialiste du secteur de Barberine, qui a édité son propre topo de cet endroit limitrophe des Aiguilles Rouges. D'autres sont signées d'actifs ouvreurs originaires de la Vallée, comme on l'avait appris dans le topo édité par Godefroy Perroux au début des années 2000.

Vingt ans après
L'aiguille de Praz-Torrent, pour sa part, a été sillonnée de lignes inédites, que ce soit au voisinage de la classique voie Seigneur ou dans le pilier compact situé à sa droite. Michel Piola y a complété à 20 ans d'intervalle les deux premières longueurs de Super Jacques (1986-2006), ajoutant trois grandes longueurs de près de 50 m, dans le même ordre de difficulté (entre 6a et 6b).

Enfin, le topo aborde les secteurs proches du barrage d'Emosson, avec les aiguilles du Van et de la Veudale, cette dernière étant qualifiée de “Chézerys suisses” pour ses voies en dalles. En dessous du barrage, les itinéraires courts du Passet sont également abondamment décrits.

De la lecture en perspective pour les amateurs, qu'ils envisagent ou pas d'aller “lire les prises” sur le terrain d'ailleurs. Pour ma part, j'éprouve toujours autant d'intérêt à consulter les “partitions” des musiciens de l'escalade que sont ces généreux ouvreurs de voies nouvelles…
Il ne nous reste plus qu'à réclamer à cor et à cri le futur opus de Michel Piola ! Mais laissons lui le temps de reprendre son souffle après ce récent labeur de près de 200 pages !

mardi 9 octobre 2012

“Mon” livre d'artiste signé Véronique LaFont

Quelle chance, d'être éditeur ! Les hasards des rencontres avec les auteurs sont autant d'occasions de découvertes surprenantes. Jugez-en : pour quelqu'un qui aime les livres, dans tous leurs états, quoi de plus merveilleux que des “livres d'artiste” comme ceux de Véronique LaFont, compagne de Sébastien Haton (auteur AO) ?

“Mon” livre d'artiste – ce sont des pièces uniques – prend la forme de ces cahiers d'écolier que j'aimais tant car ils ressemblaient à des livres, à “mes” livres, dans lesquels je pouvais écrire. C'est donc avec beaucoup d'émotion que j'ai retrouvé l'objet, et surtout cet antique protège-cahier semblable à ceux qui recouvraient les miens dans les années soixante !

Difficile de rendre compte de l'objet. Ci-dessus une tentative d'aperçu…

L'artiste a le sens de la mise en scène : une fois sorti de son enveloppe, la sobriété, la banalité même, de l'objet accentue le ravissement ressenti à son ouverture. 12 créatures de papier rassemble autant d'images créées par Véronique, collées et mises en pages (dans tous les sens du terme) dans ce cahier, entièrement déconstruit, puis remonté et “cousu main”. Sébastien rédige en contrepoint légendes et brèves interventions. L'humour participe à la création, avec un vrai sachet de thé (séché, rassurez-vous) qui apparaît page 23 à côté de la “recette de Perlette” !

Des heures de “lectureS” en perspective !

lundi 24 septembre 2012

La Cristaine, de Christine Rogier

Christine Rogier a publié son tout premier roman, Mercredeuils, trois flics face au destin, aux éditions AO à la mi-2011. En cette rentrée littéraire, voici que sort dans quelques jours La Cristaine, aux éditions Jacob-Duvernet. Les éditions AO sont heureuses de vous annoncer qu'une auteure qu'ils ont contribué à faire découvrir poursuive ainsi sa “route” d'écrivain (tout comme Jean-Henri Maisonneuve, dont nous avons chroniqué Vie Oxymore récemment).

La Cristaine est un témoignage. Nous ne sommes plus dans la fiction, mais dans la réalité la plus intime. Comment devient-on gardien de la paix, de surcroît quand on est une femme et que les affiches de recrutement proclament “un métier d'homme” ? Le livre tente de nous apporter des éléments de réponses, et c'est passionnant.
Le sous-titre, de ce point de vue, est réducteur. Plus que du “journal d'une fliquette”, il s'agit bien de la “genèse” d'une femme-flic. Le récit remonte en effet aux sources de l'enfance, et même plus loin dans le temps, dans la généalogie et ses influences décisives.

Christine Rogier a forgé son style d'écriture au fur et à mesure des années. Avec La Cristaine, nous sommes aux antipodes du récit factuel, et encore plus du style plat à l'anglo-saxonne ! C'est au contraire une avalanche d'images, de métaphores, de formules percutantes, un texte extrêmement dense en émotions, au vocabulaire riche, aux mots choisis avec délectation et rigueur en même temps. Des anecdotes ? Oui, on en trouve, mais magnifiées par leur description, sélectionnées avec parcimonie, principalement pour leur force symbolique. Comme le premier décès d'une femme-flic, annoncé pendant que Christine Rogier suivait son stage de formation initiale…

L'auteure clôt le livre sur un “fermez la parenthèse” ressemblant à une exhortation, presque un ordre ! Probablement parce que, comme elle le disait au tout début, “Se raconter, tenter de comprendre qui l'on est, d'où l'on vient, c'est un peu comme éplucher un oignon : ça finit toujours par faire chialer.” Juste après, non sans humour, la “Cristaine” n'hésite pas à reprendre une question tirée de l'Évangile : “Et vous, qui dites-vous que je suis ?” Il n'est pas certain que nous disposions de la réponse exacte – et c'est tout l'intérêt de ce texte de conserver sa part de mystère…

À la lecture de ce témoignage, on saisit encore mieux les raisons qui ont poussé l'auteure à écrire l'histoire de Mercredeuils, et surtout à lui donner cette tonalité à la fois sombre et lumineuse, renforcée par cette façon d'écrire bien à elle, qui nous avait tant plu à la lecture du manuscrit. La biographie et la fiction sont comme un miroir que l'on pourrait retourner pour découvrir de nouveaux reflets…

Mais, à propos, que signifie “La Cristaine” ? C'est le concentré de Christine (sans H, vous saurez pourquoi en le lisant) et de… capitaine (de gardiens de la paix). Voici comment cette auteure a choisi son surnom.

La Cristaine, journal d'une fliquette, éditions Jacob-Duvernet, sortie le 27 septembre 2012, 248 pages, 19,90 € - ISBN 978-2-847244-10-6. Pour consulter la fiche sur le site de l'éditeur, saisir le titre dans le champ de recherche (le lien direct n'affiche pas le cadre d'ensemble).

mercredi 19 septembre 2012

Vie oxymore, de Jean-Henri Maisonneuve

Voici, comme annoncé sur notre site web, quelques notes de lecture du recueil de “poèmes et prose poétique” de Jean-Henri Maisonneuve (éditions Flammes Vives), Vie oxymore.

Rappelons que Jean-Henri Maisonneuve a publié aux éditions AO, “Tenir, les cris d'un prof de Lettres” (novembre 2011).

Que propose le recueil ? Un vers, dans les premières pages, le résume avec humour et émotion à la fois : “Révéler au jour un je de mots fait de plaies pensées”. Tout un programme, que, “pris dans les rets voltes salutaires”, nous suivons avec curiosité au long de quelque quatre-vingt pages.

À propos, qu'est-ce qu'un oxymore ? Wikipédia le définit comme une figure de style consistant “à rapprocher un nom et un adjectif que leurs sens devraient éloigner, dans une formule en apparence contradictoire.” Deux exemples signés Jean-Henri Maisonneuve : Le “mutisme assourdissant” – une jolie façon de présenter son envie d'écriture ! – ; et, dans la partie intitulée À ma muse, “Elle dont l'ombre m'est soleil”. Tout est dit dans ces quelques mots.

Les oxymores, transcrits formellement, sont l'occasion de nombreux passages jouant sur la phonétique (*), comme cette constatation : “Sans encre, l'écrivain divague, cale, sèche et crie, vain : ‘Tant de lignes pour rien !’”
Que le poète soit rassuré : toutes ces lignes ne sont pas “pour rien” aux yeux du lecteur, qui, grâce à elles, part à la pêche des émotions…

Le jeu avec les mots n'hésite pas à rendre des hommages (involontaires ?) à de grands humoristes. On songe à Raymond Devos (Temps perdu) :
Au seuil de la nuit j'ai réussi à tuer une journée
Elle est morte là sous mes yeux presque dans mes bras
Ou même à Pierre Dac quand l'auteur rapproche la remarque de Dali, “Dieu, c'est du fromage”, et un calembour tentant : “le Très-Haut s'était fait tomme”. L'humour n'est pas si répandu en poésie. Saluons-le sans bouder notre plaisir !

À bien des égards, l'auteur cherche, comme il l'affirme, à nous “rendre des contes”, relatant ses “émois sans toi”, tout en s'écriant : “Et moi sans toi” ! Il ne recule devant aucun défi, tels cette Lettre impossible ou ce Passage avide. Encore plus ambitieux, il n'hésite pas à confier “[qu'il] cherche le mot qui fait comprendre tout”. Diable !

La musique – Jean-Henri Maisonneuve a été critique musical – semble surgir de nombre des poèmes rassemblés ici, en particulier La chanson des amants clandestins, qu'on imagine interprétée par une Jane Birkin dans le style de L'aquaboniste.
Et d'ailleurs, y a-t-il de “l'à-quoi-bon” dans ce petit livre ? On pourrait le croire quand Maisonneuve affirme :
Si je sais m'y prendre, la terre m'oubliera
Heureusement, une conclusion plus joyeuse nous est offerte par les toutes dernières lignes du recueil :
La lecture achevée, l'âme vagabonde et s'évade, comme invitée à suivre un vol d'oiseaux migrateurs, vers des temps meilleurs.

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(*) On pourrait y voir des holorimes (partielles) en découvrant l'autre vers construit sur les mêmes sonorités : “Sans ancre, le marin pêcheur reste à quai, amer, en cale sèche, et crie, vague : ‘Tant de lignes pour rien !’”

jeudi 6 septembre 2012

Georges Moréas invité du Téléphone sonne (France Inter)

Georges Moréas figurait parmi les quatre invités de l'émission Le Téléphone sonne (France Inter) du 6 septembre 2012. Le thème en était la criminalité et les règlements de comptes à Marseille, sujet que Georges Moréas avait abordé sur son blog, Police Etc, le 1er septembre.

L'émission peut être réécoutée en ligne sur le site de France Inter.

Les éditions AO ont réédité récemment le tout premier livre de Georges Moréas, Un Flic de l'Intérieur, qui relate ses expériences de commissaire spécialisé dans la lutte contre le grand bandistisme, ce qui l'avait amené à diriger plusieurs services de police judiciaire, dont l'Office central pour la répression du banditisme.

« Un polar vrai qui se lit comme un vrai polar »

Le livre est en vente sur le site des éditions AO à cette page.

mardi 4 septembre 2012

La Théorie de l'information

L'activité des éditions AO se partageant entre l'édition de livres et l'informatique, le premier roman d'Aurélien Bellanger, La Théorie de l'information (Gallimard), ne pouvait que retenir notre attention.
AO est d'ailleurs aussi l'abréviation de “Assisté par Ordinateur”, tout comme ce roman paraît tout entier phagocyté par l'informatique. La Théorie de l'information a une qualité indéniable, celle de soutenir l'intérêt. Pour peu que l'on s'intéresse au sujet, on profite sans bouder son plaisir de cette saga brillamment contée, commençant avec le Minitel au début des années quatre-vingt pour s'achever dans un futur proche. Le personnage principal, Pascal Ertanger, est en droite ligne de tous ces “héros” de l'industrie du logiciel et du matériel, et l'on suit son ascension avec curiosité – puis avec vertige.

Le roman se distingue par sa documentation : il fourmille d'anecdotes et de rapprochements instructifs, sans hésiter à mettre en scène des personnalités réelles, à l'instar de Jean-Marie Messier ou Thierry Breton. L'auteur, quoique jeune (32 ans), a un talent indéniable pour remettre en perspective l'histoire de l'informatique depuis… sa naissance (à lui !). De cette comédie à la fois humaine et cybernétique, cependant, une sorte de nausée se dégage progressivement. Le cynisme et la mégalomanie des personnages, l'insistance sur le sexe (le Minitel Rose, la boîte de strip-tease dont Ertanger est un associé secret), l'humour noir ambigu à peine assumé, le sentiment aigu qu'une catastrophe se profile, tout fait ressembler furieusement ce premier roman à du Houellebecq – sur lequel Bellanger a d'ailleurs écrit un essai, apprend-on dès le verso de la page de faux-titre.

Car le roman s'achève par une envolée de SF bizarroïde et pessimiste, tout comme Les Particules élémentaires. Ce final détonne avec le reste du livre, et pourrait presque le ridiculiser auprès de certains lecteurs. Dans le même registre, on relève aussi la relation distanciée des faits, avec l'usage typique de l'imparfait pour des descriptions se situant aujourd'hui (voire demain), comme pour bien montrer qu'on se situe après ceux-ci, alors même que l'intrigue s'achève dans le futur. On ne peut pas faire plus “post-moderne” !

Des inserts d'une ou deux pages en italiques introduisent chaque chapitre en résumant telle ou telle théorie ou philosophie. On se demande alors si l'auteur souhaite faire œuvre de pédagogie ou s'il nous prend de haut. Ces encarts sont, à notre avis, superflus : on avait déjà compris que Bellanger avait lu et fait des études de philo ! Le rythme est cassé (sauf à sauter ces pages !) et l'irritation pointe face à ce qui pourrait apparaître comme du pédantisme.

Le plus intéressant, en définitive, est encore l'avant-propos. Il décrit la mégalomanie stupéfiante de tous ces magnats monopolistiques de l'informatique, qui semblent rêver d'omnipotence, voire de devenir des dieux. Le parallèle entre le milliardaire Rockfeller et Bill Gates est frappant : après une vie passée à s'enrichir, y compris en situation de quasi-monopole, voilà que ces hommes se rachètent une conduite en devenant mécènes ou philanthropes. Les angoisses existentielles d'un Steve Jobs (Apple) ou d'un Sergueï Brin (Google), qui rêvent de mobiliser leur science de l'information (et leurs richesses) pour conjurer leurs maladies réelles ou potentielles, éclairent d'un jour vaguement effrayant ces humains quelque peu dévoyés… Pascal Ertanger n'échappera pas à la règle : il finira victime d'une sorte de “bug génétique”, directement déclenché par ses projets pharaoniques de mégalomane… Non, le “meilleur des mondes de Zuckerberg” n'est pas pour demain, annonce cette fin terrible.

Une fois le livre refermé, on ne peut s'empêcher de prier pour qu'aucun de ces pontes de l'informatique et d'Internet ne deviennent les nouveaux dictateurs du XXIème siècle, encore pires que ceux du siècle précédent. C'est peut-être de ce point de vue que La Théorie de l'information est un roman “utile” !

mercredi 22 août 2012

Topos-guides récents au Mont-Blanc

Si j'ai décidé d'être éditeur, c'est bien sûr parce que je suis passionné de livres – de quasiment tous les genres de livres. Ayant eu la chance de pratiquer l'alpinisme, à un niveau modeste et sous la conduite de guides de haute montagne, j'ai toujours été intéressé par ce qu'on appelle les “topo-guides”. Ces ouvrages spécialisés recensent les itinéraires tracés par les alpinistes sur les parois des montagnes. Outre leur intérêt documentaire, ils permettent de “mieux contempler” ces montagnes, en décelant sur leurs flancs les cheminements imaginés et suivis par leurs “ouvreurs” – ceux qui inaugurent un itinéraire en le gravissant, ce qu'on appelle une “première”.


Parmi les grands auteurs de topos-guides, trois noms s'imposent : Michel Piola, auteur de plusieurs centaines de voies d'escalade rocheuse nouvelles durant les trente dernières années, et de nombreux topos dès le début des années 80 ; François Damilano, spécialiste de la glace et du mixte, dont la maison d'édition, JMEditions, a publié de magnifiques topos sur les cascades de glace et le massif du Mont-Blanc ; Giovanni Bassanini, guide à Courmayeur (Italie), qui a complété les volumes de Michel Piola en publiant trois topos-guides dans les années quatre-vingt-dix.

Giovanni Bassanini et Lamberto Camurri ont sorti tout récemment Mont-Blanc Super Cracks, sous-titré “les fissures les plus spectaculaires du Mont-Blanc”. Ce copieux ouvrage de 250 pages en couleur présente quelque 70 itinéraires de très haute difficulté, en axant leur sélection sur la présence de fissures – par opposition aux voies à dominante de dalles. Le travail a été colossal : non seulement les auteurs fournissent les tracés des itinéraires (dessin détaillant chaque longueur des voies), mais ils les annotent avec leur difficulté ainsi que le matériel d'assurage qu'il faut éventuellement y placer, et complètent l'information par des photos montrant en gros plan les longueurs-clés de chaque itinéraire. Une introduction présente chaque voie et ses caractéristiques, avec des précisions sur les longueurs de fissures : comment sont-elles gravies, avec quelle technique (dülfer, coincements de mains, de doigts, opposition…).

Les précédentes publications de Bassanini n'étaient parues qu'en italien. Il n'était guère difficile pour un francophone, quitte à utiliser ponctuellement un dictionnaire, de comprendre la teneur des textes et topos, le vocabulaire spécialisé de l'alpinisme restant somme toute d'une ampleur limitée. Au passage, j'avais remarqué que l'italien, quoique proche du français, ne correspondait pas littéralement mot pour mot à notre langue maternelle. De petites différences subtiles, liées à l'étymologie ou à l'usage, apparaissent au fil des pages, souvent plaisantes. C'est ainsi que l'italien parle de “via affollata” non pour désigner un itinéraire “affolant”, mais bien une voie d'ascension où il y a foule. De même, si les Français utilisent le terme “rimaye” (mot savoyard) pour désigner la crevasse qui s'ouvre au pied des couloirs de neige et glace à la rupture de pente, les Italiens préfèrent le terme “crepaccia terminale” (crevasse terminale, ou, mieux, finale), alors que les Anglo-Saxons ont adopté le terme… allemand, “bergschrund” ! La fameuse technique d'escalade dite de “coincements” est désignée en italien par “incastri” (proche de notre “encastrement”). Les “dalles” sont des “plaqua”, ce que l'on comprend aisément, et, dans le même ordre d'idée, une “arête” se dit “cresta” (à ne pas traduire par “crête”)…

Super Cracks est sorti en trois langues : italien, anglais et français. Je me suis procuré la version française, dans laquelle la traduction joue avec les petites différences évoquées ci-dessus, ce qui donne une tonalité amusante – et somme toute attendrissante – à certains commentaires ! Loin de nous l'idée de critiquer ces petits défauts qui ne sont que l'expression d'une enthousiasme débridé confronté à l'ampleur titanesque de la tâche !

Si vous vous intéressez à l'histoire de l'escalade dans le massif du Mont-Blanc – ou, raison de plus, si votre niveau technique atteint les 6c et 7a – procurez-vous Super Cracks, pourquoi pas en langue italienne, d'ailleurs : vous ferez d'une pierre deux coups, si l'on peut se permettre cette expression en escalade ! Découverte de l'italien et des voies décrites, au premier rang desquelles des nouveautés comme la voie Cheraz (Tour Ronde), Le Trésor de Romain (Grand Capucin), Ave Caesar (Petit Clocher du Portalet) ou Ciao Vince (La Vierge d'Argentière).

Jean-Luc Tafforeau, 22 août 2012

mercredi 18 juillet 2012

Georges Moréas au 5/7 de Dorothée Barba

Georges Moréas était ce 18 juillet au matin l'invité du 5/7 de Dorothée Barba sur France Inter. Elle a interviewé le “blogueur-policier” sur l'actualité de la police.


L'émission peut être réécoutée sur le site de la radio, à ce lien http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=411161

Rappelons que le livre de souvenirs de Georges Moréas, Un Flic de l'Intérieur, a été récemment réédité par les éditions AO André Odemard. Une bibliographie complète de ses livres est disponible sur ce blog à cette adresse : ao-editions.blogspot.fr/2011/12/une-bibliographie-de-georges-moreas.html
Son blog, Police Et Cetera, est accessible à l'adresse moreas.blog.lemonde.fr

COMPTE RENDU DE L'ÉMISSION

Georges Moréas a relevé l'importance de la peur dans le métier de policier : oui, les policiers peuvent avoir peur. Car la peur permet la prudence. Si on perd cette peur, on devient dangereux, a-t-il insisté.
Après avoir quitté la police, ce commissaire principal, spécialiste du grand banditisme, a écrit des romans et des scénarios de séries. Quand on lui demande si les romans policiers doivent être proches de la réalité, il répond que ce qui compte avant tout c'est l'histoire, puis les idées que l'on fait passer.

Sur les retranscriptions des conversations de Merah, Geroges Moréas les trouve déjà “trop longues” à lire, et évoque une erreur psychologique dans le choix de l'interlocuteur de Merah, que ce dernier connaissait déjà. Un négociateur du RAID aurait été, selon lui, préférable, sans bien sûr préjuger du résultat. Car “il s'agissait de le neutraliser” compte tenu du danger. Un policier doit “faire au mieux” dans de telles circonstances. “C'était difficile” conclut-il, avant d'estimer que les retranscriptions ne devraient pas être dans la presse, même si le son est “moins violent” que l'image. D'ailleurs, si le procès de Merah avait eu lieu, son absence de remords et les débats auraient été sans doute bien pire pour les proches des victimes.

Sur le secret défense qui entourerait certains aspects de l'affaire, Moréas trouve “invraisemblable” qu'une affaire de police judiciaire puisse être concernée. Lors d'une action de PJ, un juge d'instruction est saisi, les renseignements sont dans son dossier. Si le secret défense empêche de les traiter, il n'y a plus de justice.

Les rapports entre la police et la population. Georges Moréas ne pense pas qu'il y ait à proprement parler une “défiance” vis-à-vis de la police. Ce qui choque, relève-t-il, ce sont les quelques fois ou des policiers (et non “les” policiers) se “mettent hors du coup et donnent une mauvaise image de la police”. Il constate que, dans certaines banlieues, les policiers se sentent en danger, ce qui peut expliquer des “ripostes intempestives”. C'est le “cercle vicieux de la peur”, qui sera très difficile à casser, alors que c'est une intention louable. Dans ces cas, la peur devient mauvaise conseillère.

Le tutoiement ? Anecdotique, on en parlait déjà il y a trente ans, répond Moréas. Tout est dans la manière : un policier s'adressant à un jeune qui pourrait être son fils peut, selon lui, le tutoyer. Il en va de même dans les contrôles d'identité. Le policier agit en fonction de son intuition, de l'ensemble de la personnalité des gens qu'il a en face de lui. Mais si le critère est uniquement la couleur de peau, alors c'est du racisme. Et si la “course au chiffre a échoué”, c'est parce qu'elle empêche de mettre en valeur l'initiative, porteuse de responsabilité, le tout dans un cadre précis bien entendu. La vraie question demeure “est-ce utile ?” insiste enfin Georges Moréas, concluant son interview par un “on emmerde trop les gens, il ne faut pas emmerder les gens !”

samedi 23 juin 2012

À la librairie Fantasio, Villeurbanne

La librairie Fantasio, en plein centre de Villeurbanne, accueillait samedi 23 juin les éditions AO et l'une de leurs auteurs, Cécile Malhey-Dupart.

Les deux livres mis en exergue portaient la signature de Cécile : Une Minute de poésie (coll. Une Journée particulière) et À mots comptés (coll. Rimotises), le second étant un ouvrage collectif rassemblant le “cercle des auteurs AO” autour d'un jeu littéraire.

L'éditeur, pour sa part, présentait Il voyage en solitaire, le tout premier volume de la collection  Une Journée particulière. On aperçoit en arrière-plan les livres qu'il confectionnait, enfant, avec des copies d'écoliers, soit les origines lointaines des éditions AO…

Au débouché de l'escalier (la librairie est au premier étage), les visiteurs découvraient, face à eux, la table des éditions AO, derrière laquelle nous les attendions avec impatience !

Les échanges furent riches, variés et toujours conviviaux…

…l'ouverture d'esprit et la curiosité des clients doivent être saluées. Bravo et merci, chers Villeurbannais !

L'éditeur se déplace côté clients pour mieux vanter ses publications, tandis qu'à l'arrière-plan passe Hervé Blanchard, le dynamique libraire qui nous accueillait.

Les lecteurs fidèles et passionnés de la librairie Fantasio, les bras déjà chargés de livres, nous réservaient néanmoins une aimable attention…

…qui débouchait le plus souvent sur une dédicace.

Petit montage de l'affiche et de la table de présentation du catalogue complet des éditions AO.

Il nous reste à remercier toute l'équipe de la librairie, Hervé Blanchard et tous ses collègues, avec qui nous avons passé un samedi joyeux et fructueux à tous points de vue.
Rappelons que la librairie Fantasio se situe au 33 de l'avenue Henri-Barbusse, celle-là même qui, bordée des célèbres Gratte-Ciel de l'architecte Môrice Leroux, conduit tout droit à l'hôtel de Ville.

Regorgeant de références, elle propose un choix plus riche que dans les magasins standardisés que l'on fréquente ailleurs, tandis que la plupart des livres peuvent être commandés si, par un hasard aussi malencontreux que rare, ils ne figuraient pas dans les rayons. Un voyage “au pays du bouquin” que nous ne saurions trop vous recommander !

lundi 11 juin 2012

“Au tour du Noir” à Oloron Sainte-Marie

Samedi 9 et dimanche 10 se tenait le salon annuel du Livre sans frontières d'Oloron Sainte-Marie (Pyrénées Atlantiques), sous le thème “Au tour du Noir”.

Les éditions AO y avaient dépêché leur auteur de six polars (pas moins !) Daniel Safon, qui a présenté ses romans et tenu le stand AO. Moult remerciements lui sont ici adressés.


Pierre-Emmanuel Michel, alias Pierremm, photographe, artiste visuel et directeur artistique, nous a autorisé à reproduire quelques-uns de ses clichés, ce dont nous le remercions. Vous en saurez plus sur ses activités en visitant son site web et son blog à l'adresse www.pierremm.com.

Un auteur de polars doit s'initier au maniement des armes, même s'il dédicace au stylo, bien heureusement. Soyez cependant rassurés, ce pistolet à l'allure réaliste n'est qu'une arme de théâtre en plastique !

L'allégresse règne sur le stand AO. Outre Daniel Safon, nous reconnaissons Jean-Marc Croquin, auteur de Mon Caractère propre (éditions AO), coiffé d'un élégant galurin d'inspiration locale.

Le salon du livre sans frontières est aussi l'un des rares où le grand détective Sherlock Holmes accepte de se rendre en personne, ainsi qu'en témoigne cet assortiment de ses objets préférés.

Il nous reste à remercier chaleureusement les organisateurs du salon : Dominique Gaudin, Jacques Duval, Maryvonne Jabouille, Camille Billemont, Pierre Bœuf et tous les bénévoles de l’association “livres sans frontières”