vendredi 13 février 2015

Et pour un livre de plus…

Quel est donc ce livre-OVNI que les éditions AO viennent de publier dans leur collection “Rimotises”, sous le titre “Et pour un livre de plus…” ?

Début janvier, j'apprenais le même jour que trois libraires que j'aime bien envisageaient d'arrêter leur activité, pour diverses raisons. Je ne pouvais pas les laisser partir ainsi, eux qui avaient toujours été attentifs et bienveillants à l'égard des éditions AO, acceptant de mettre en valeur mes nouveautés, d'organiser des séances de signatures avec les auteurs, le tout avec le sourire.

“Et si je leur offrais un livre ?” ai-je alors pensé… avant de me rétracter. Offrir un livre à ceux qui en manipulent des centaines chaque année, était-ce bien adapté ? Pourtant, c'est ce que j'avais de plus personnel à leur concocter – et pour cause, étant donné mon métier !

Parallèlement, je venais d'expérimenter l'impression chez Firmin-Didot, célèbre imprimeur s'il en est, qui propose depuis quelques mois une solution qui reste abordable même pour un nombre restreint d'exemplaires. Le déclic se produisit : j'allais leur écrire, mettre en page, imprimer et dédicacer un livre spécial et en tout point authentique, ISBN 9782-2-913897-44-1.

Bigre ! Une fois la décision prise, restait à l'exécuter. Écrire un livre de 200 pages… le tout en très peu de temps. Comment faire ?

Il m'est alors revenu une technique d'improvisation expérimentée ponctuellement. Le principe en est simple : écrire des phrases le plus vite possible, en saisissant au vol le premier mot qui se présente à mon esprit tandis que j'écris le précédent. Je décidai d'en faire l'objet de la première partie. Ce seront soit de pures improvisations sans aucun fil conducteur – et les résultats sont étonnants, je vous le garantis – soit des récits tirant le fil ténu d'un point de départ choisi au hasard des pensées du moment.

Je n'allais cependant pas remplir 200 pages ainsi. Il ne faut pas abuser des bonnes choses, et les plaisanteries les meilleures sont les plus courtes, même si, je le répète, le résultat est loin d'être inintéressant. Un exemple ci-dessous, exécuté spécialement pour cet article de blog :


Passant à l'étape suivante, je restai dans le même registre, mais en complétant la démarche par des “contraintes” guidant l'écriture. Ce sera par exemple un pastiche : une brève aventure de Bob Morane, rebaptisé Bob Ramone, contre son ennemi juré, l'Ombre jaune, devenu(e) verte. Il fallait avoir lu une bonne centaine des romans d'Henri Vernes pour se lancer dans cet exercice. Ce sera aussi un petit défi : écrire quelque chose de drôle et attrayant sur… les écritures comptables, réputées rébarbatives. Détrompez-vous ! Ce sera encore le compte rendu développé et littéraire d'un “vrai” rêve nocturne, l'un des rares qui méritait, à mon avis, une relation, et s'intitule “Carambolages”. Ce sera toujours un nouvel exercice de texte écrit à partir d'une liste de mots tirés au hasard, comme dans le tome 1 des Rimotises, À mots comptés. S'y ajoutent du code informatique devenu code littéraire (est-ce possible ?), un poème en alexandrins composé en dix minutes ou le détournement du robot de Google Traduction pour transformer un poème de Beaudelaire en objet textuel absurde…

Dans la troisième partie (nous n'en sommes qu'à la page 100), je décidai d'inclure une sélection de textes tirés de mes volumineuses archives d'essais, erreurs et ébauches, de toutes époques. Parmi eux, le texte original d'une dissertation de classe de troisième qui avait obtenu 18 sur 20 (mon trophée d'élève !), les dix premières pages d'un roman écrit au début des années 1990 (et jamais édité), de désopilants dialogues notés en direct, à l'insu de leurs locuteurs, dans un TGV reliant Lyon à Lille, une nouvelle “personnelle” relative aux voyages dans le temps (vous serez surpris), une “performance” dans le métro parisien – comment relier deux stations en une heure, 22 stations, 7 lignes différentes (la RATP ne me croirait pas), voire les mémoires d'un choucas des montagnes, beaucoup plus intelligent qu'on ne l'imaginerait…

Et pour les cinquante dernières pages, un exercice très égotique – excusez l'auteur-éditeur, mais on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, dit-on (en pratique, le proverbe est souvent faux) –, l'exercice consistant en de brefs extraits d'un livre jamais publié relatant les origines les plus lointaines de ma passion pour les livres, d'où le titre (déjà employé mais inévitable) : ”des livres et moi” (une façon comme une autre de se délivrer). Vous y trouverez la fascination de l'enfant de 5 ans pour les “mini-livres”, le clone de Bob Morane (encore lui !) appelé Franc Spider (mon super-héros), la genèse du premier roman que je publiai chez Fleuve noir… jusqu'à la création, il y a cinq ans, des éditions AO.


En finale et en bonus, le catalogue complet des publications AO et des notices pour chaque “autrice” et chaque auteur que j'ai édités depuis leur création (27), rédigées de façon aussi personnelle et bienveillante que possible !


208 pages, donc, format 13 par 20,5 cm, adopté depuis 2010 chez AO. ISBN 978-2-913894-44-1, c'est important, l'ISBN, c'est la “marque” de l'existence d'un livre, et, chance !, le 44-1 correspond à mon âge (enfin, presque).

Une fois ce copieux travail achevé, au moment de rédiger la page de “colophon” (merci à Christophe de m'avoir rappelé ce terme) ou “achevé d'imprimer”, je me suis dit :
  1. Que je n'allais pas limiter ce livre à deux exemplaires. Certes, mes chers libraires disposeraient de leur cadeau gratuit (pléonasme !), mais pourquoi ne pas songer, aussi, à mes chers lectrices et lecteurs ?
  2. Que les éditions AO avaient bien besoin de mécènes… Et plutôt que de “lever” des fonds (ridicule anglicisme pour dire “mobiliser” ou “collecter”) sur un site de crowd-funding (mot anglais, cette fois), je pourrais proposer ce livre à un prix… cher, donnant un objet concret à ceux qui auraient la générosité d'y souscrire. C'est la raison pour laquelle “Et pour un livre de plus…” est proposé à 39 €, en impression à la demande, exemplaires numérotés et signés par l'auteur.
L'auteur ? Coquetterie ultime, il s'orthographie “Uaeroffat”, anagramme aisément décodable par tout cryptologue débutant. Pour corser le mystère, la photographie dudit auteur serait un dessin, oui, un portrait réalisé par un artiste de la place du Tertre, à Paris, où mon grand-père André Odemard m'avait emmené en 1966 pour m'offrir ce cadeau pour le moins inédit !

Vous savez tout !
Ma conclusion… vous la devinez, n'est-ce pas ?
C'est ici : Et pour un livre de plus… mais quel livre !

NB : outre les livres offerts, à ce jour, Benoît, Jacques, Sophie, Henry et Marie sont les cinq premiers attributaires des exemplaires numérotés. Impression sous quinzaine.

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