jeudi 12 juillet 2018

Lectures d'été

Quelques notes de lectures d'été.

 

Une façon de chanter, de Jean Rouaud (Folio n°5653, 2012) ****

La lecture de Très cher Manu, dans Le Monde du 26 juin, signée “Jeannot” – pour Jean Rouaud – m'avait tellement plu que j'ai songé qu'il était plus que temps de découvrir celui qui avait remporté le Prix Goncourt en 1990 (à 38 ans et pour son premier roman, eh ben !). Mon choix s'est porté sur Une façon de chanter, à cause de la couverture, un adolescent chevelu et ébouriffé penché sur sa guitare qui m'a rappelé le Jean-Luc des années 1975…


Le fait est que j'ai retrouvé dans ce texte nombre d'émotions personnelles, que Rouaud met en scène avec talent. Il parvient à traiter des éléments autobiographiques, une démarche ô combien risquée, sans tomber dans les pièges du genre. Bravo !
« Car le ténébreux jeune homme compose. Il ne connaissait pas trois accords que déjà il écrivait sa première chanson. […] Et pour les accords vraisemblablement la mineur et mi mineur, avec peut-être un ré mineur, les plus faciles à passer pour un débutant. […] Car le corps du jeune homme, serrant contre lui sa guitare, se penche au-dessus d'un puits de désespérance. »
Tout comme dans sa diatribe du Monde, pour laquelle Rouaud a trouvé les mots décrivant ma colère sporadique contre “Manu”, il décrit avec justesse ce que j'ai pu ressentir à quelque 18 ans. Contrairement à l'auteur, qui a tout oublié de ses compositions, j'ai pris le risque de les “réhabiliter” il y a une quinzaine d'années. Ma première composition, à base de la, mi et ré mineurs, est en ligne sur les plate-formes musicales, signée d'un pseudo, Yam Carnet, sous le titre I Can't Tell You. Si le cœur vous en dit, c'est par exemple écoutable sur Deezer, ou des extraits ci-dessous :



On m'excusera de parler ainsi de “moi”… L'occasion était trop tentante. Nul doute que vous trouverez dans ce très beau livre d'autres émotions que l'auteur a partagé avec vous à votre insu.

 

La Conspiration Kolarich, de David Ellis (Pocket n° 16742, 2012) **

C'est en musardant dans une station-service d'autoroute que je suis tombé sur ce suspense, dans le bac des soldes. Bingo ! Ce David Ellis nous propose un de ces suspenses “judiciaires” à l'américaine, dans un style extrêmement proche des Connelly mettant en scène l'avocat Michaël Haller. Il s'appelle ici Jason Kolarich et, contrairement au titre français, stupide, ne conspire aucunement. Il cherche juste à défendre un homme accusé d'un assassinat, The Wrong Man, comme l'indique plus justement le titre en VO. Rebondissements, personnages bien campés, dramaturgie judiciaire et final bien sûr inattendu, les ingrédients sont là, et le mélange prend.

 

L'Informateur, de John Grisham (Livre de Poche n° 34926, 2018) *

Grisham, autre spécialiste des suspenses judiciaires – il a été avocat, tout comme David Ellis – est ici en petite forme. Son Informateur se lit agréablement, sans plus. Comparé à ces précédents opus, il fait pâle figure. Tout juste prend-on connaissance de ces Indiens américains vivant dans des “réserves” où, parfois, l'installation d'un casino permet à la communauté de devenir richissime, pas vraiment pour le meilleur, plutôt pour le pire.

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