jeudi 14 mai 2015

“Nos Femmes” versus “Entre amis”


“Nos Femmes” et “Entre amis“, voici deux films sortis à une semaine d'écart qui nous ont surpris chacun à sa façon. Les points communs entre les deux sont nombreux : la présence de Daniel Auteuil au générique, la mise en scène de trois amis… et de leurs compagnes, une action se déroulant dans un lieu clos unique… auxquels s'ajoute un positionnement décalé.

Nous nous attendions, avec “Entre amis”, à une comédie réjouissante, une croisière à six sur un voilier, sur fond de relations amicales – confer le titre ! – et empreinte d'humanité. Erreur ! Les trois amis se révèlent désagréables, méprisants et somme toute “beaufs”. Et ce ne sont pas quelques brèves scènes de mea culpa qui les rachètent. Quant aux gags, ils déçoivent par leur vulgarité et leurs excès. On rit jaune, vite lassé. En revanche, ce sont leurs femmes qui retiennent l'attention. Qu'elles soient boudeuse (Zabou Breitman), naïve (Mélanie Doutey) ou courageuse (Isabelle Gélinas), ce sont elles qui tentent de sauver leurs hommes du naufrage (au sens propre autant qu'au figuré).

Avec “Nos Femmes”, nous avions redouté le film “beauf” et macho, voire la comédie hystérique, ainsi que la bande annonce pouvait le laisser craindre. Quand Thierry Lhermitte débarque, ébouriffé et paniqué, pour avouer à ses amis Auteuil et Berry qu'il a étranglé sa femme, on craint le pire. Eh bien pas du tout ! Très vite, l'argument de l'intrigue abandonne ce point de départ (et Lhermitte, qui dort une bonne partie du film !) pour une étude de caractères incarnée avec un indéniable talent par Daniel Auteuil et Richard Berry, dans la plus pure tradition du théâtre, avec des scènes d'anthologie interprétées avec finesse et talent. Les femmes, elles, sont très peu présentes à l'image, tout en jouant bien sûr un rôle déterminant : sans elles, les trois hommes du générique n'auraient pas, enfin, changé d'attitude et remisé au vestiaire leurs oripeaux de machos inconséquents…

Et, en conclusion, on prend soudain conscience que les titres de ces deux films auraient dû être permutés. Auteuil, Berry et Lhermitte sont bel et bien “entre amis”, durant cette longue soirée, et l'amitié compte pour eux. Auteuil, Berléand et Jugnot, au contraire, ne doivent leur salut qu'à leurs femmes, tandis que la fin imaginée par le scénariste frise la pirouette ridicule tout en achevant de réduire à néant nos velléités d'empathie.

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